Des Bronzés à un nouveau documentaire : pourquoi La Gurraz attire toujours les réalisateurs

Des Bronzés font du ski (1979) à la sortie prochaine du documentaire Ma P’tite École, qu’est-ce qui attire autant les caméras à La Gurraz ? Est-ce ce soleil qui illumine ce petit village perché à 1 600 mètres d’altitude ? Est-ce ces chalets en bois alignés comme tout droit sortis d’une carte postale savoyarde ? Installé sur sa terrasse, Antonio Fernandes a une autre explication : « Je pense que ce sont simplement ses habitants et la solidarité qui se noue ici, un vrai esprit de partage. »

Le Gurrain d’adoption se présente d’emblée comme étant le mari de l’institutrice. Quand on lui demande pourquoi, Antonio Fernandes répond telle une évidence : « Parce que l’école est le centre de ce village. » L’homme pointe un petit bâtiment situé plus haut. C’est ici le cœur battant du village. L’école de La Gurraz, la seule de toute la commune de Villaroger, a récemment été le lieu de tournage d’un documentaire qui sortira sur grand écran en 2026. Les caméras sont parties. Mais le souvenir du tournage flotte dans l’air du village. Comme chez les Dufour.

« Beaucoup de Belges se sont installés ici »

Entre deux épreuves olympiques diffusées à la télévision du salon, Viviane Dufour, née Bonnevie, se souvient du jour où les caméras se sont invitées chez elle. « C’était à Noël. L’équipe a voulu filmer les petits-enfants qui ouvraient les cadeaux et toute la bonne ambiance », raconte-t-elle. Un « agréable souvenir » pour celle qui fut l’actrice d’un jour. Son mari, Paul Dufour, s’enthousiasme : « C’est une vraie fierté pour nous et pour tout le village. »

Mais « savoir que La Gurraz va faire le tour des cinémas de France est un sentiment étrange ». Le retraité s’inquiète des répercussions que pourrait avoir le film sur la fréquentation touristique. Ici, personne ne veut voir être dénaturée l’âme du village.

Direction le cœur du hameau. La place du village, abondamment enneigée en ce jour de février, donne à voir des maisons superbement rénovées. Et d’autres en cours de réfection. « Je viens les week-ends retaper cette bâtisse », sourit un Lyonnais, résident secondaire. Dans le village, il n’est pas rare d’apercevoir des plaques d’immatriculation avec d’autres numéros que 73. Loire, bassin parisien ou le « B » de Belgique. « Beaucoup de Belges se sont installés ici. Je ne sais pas pourquoi. Ça doit se refiler le bon plan », s’amuse Marie-Thérèse Revial, originaire de Saint-Étienne (Loire).

Sur la devanture de sa demeure, une plaque attise notre curiosité. Il est écrit : “Bar restaurant Le Fenil ”. « Cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus ni bar ni restaurant », sourit Marie-Thérèse Revial. La résidente de La Gurraz nous invite à entrer pour rencontrer l’ancien gérant, son mari. Albert Revial, élu pendant 49 ans à la commune, a plus d’une histoire à raconter sur le village qui l’a vu naître et grandir.

« La Grande Peur dans la montagne ! »

« Peu le savent mais avant LesBronzés font du ski, il y avait un autre film dont plusieurs scènes ont été tournées aussi à La Gurraz », relate l’ex-conducteur de taxi. Quel est son nom ? Marie-Thérèse Revial part à la recherche de ce « fichu film ». Quand elle revient de l’étage, celle-ci s’écrit : « La Grande Peur dans la montagne ! » Il s’agit d’un téléfilm sorti en 1966. Albert Revial s’en souvient : « J’avais 14 ans et je jouais un figurant. Mon père avait prêté son mulet pour les besoins du scénario. Mais le film n’a pas eu un grand succès. » Chaque habitant a une histoire personnelle avec le 7e art.

À la question de savoir ce qu’attirent les caméras à La Gurraz, la réponse est peut-être à trouver au bout de cette ruelle. Sur un promontoire, se dresse l’église baroque Saint-Roch, du XVIIIe  siècle. Tout autour, s’étendent les massifs enneigés de la Vanoise et des Alpes Grées. Et au-dessus du village, se cache derrière le glacier de La Gurraz le mont Pourri.

Sur l’autre versant, une enfilade de voitures descendant des stations de Tignes et Val d’Isère en ce samedi de chassé-croisé. Ici, point de bruit ni de tumulte. Car, silence… ça tourne.

Article issu du Dauphiné Libéré

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