Vingt jours, 2 200 kilomètres et 86 000 mètres de dénivelé positif ! Mathéo Jacquemoud a traversé les Alpes à un rythme jamais vu. Jeudi 26 mars, il a atteint la plage de Nice, bouclant son “Intégrale des Alpes” en version express, bien en deçà des références existantes.
Parti le 7 mars de Vienne avec skis et vélo pour seuls moyens de locomotion, l’ancien champion du monde de ski alpinisme a enchaîné neuf massifs à travers quatre pays. Du Grossglockner au Mont-Blanc, jusqu’au Grand Paradis et aux Écrins, il a relié les grandes cimes de l’arc alpin, avalant les distances avec une régularité impressionnante : plus de 4 000 mètres de dénivelé et une centaine de kilomètres par jour.

« Je n’ai jamais été dans le rouge »
Un exploit qui tient autant dans les chiffres que dans la maîtrise. Car le skieur et alpiniste basé dans la vallée de Chamonix a su prendre soin de son corps. « Je n’ai jamais été dans le rouge », assure-t-il, évoquant une progression fluide, malgré les tempêtes, les nuits écourtées et les adaptations permanentes. Dans le Tessin, plus d’1,50 mètre de neige fraîche tombé avant son arrivée ont quelque peu bouleversé son itinéraire. Dans les Dolomites, il a dû faire demi-tour à 150 mètres du sommet du Cevedale (3 769 m).
Mais l’essentiel réside surtout dans la capacité du montagnard à maintenir l’allure, jour après jour, entre longues sections à vélo et enchaînements à skis en haute altitude.
Au-delà de la performance pure, le projet s’inscrit dans une approche moderne de l’alpinisme, à la croisée de l’endurance et de l’exploration, dans la lignée de l’ascension des 82 sommets à plus de 4 000 mètres d’altitude de Kilian Jornet. Une ligne pensée comme une œuvre, reliant les grands massifs alpins sans jamais céder à la facilité.
Un rêve d’enfant
Entouré ponctuellement de proches, comme Vivian Bruchez, Pierre-Idris Mehdi, Clément Parisse mais aussi son grand pote Quentin Champagnac (surnommé Champi), Mathéo Jacquemoud a mené son projet en équilibre entre effort solitaire et aventure collective.
Si cette aventure n’a duré que 20 jours, elle récompense une vie d’entraînements nourris par une infatigable passion pour les cimes. Ce rêve d’enfant désormais accompli, Mathéo Jacquemoud peut déjà repartir en quête d’autres sommets avec la certitude d’avoir un peu plus gravé son nom dans la légende de l’alpinisme moderne.
Article issu du Dauphiné Libéré