« C’est une tradition qui remonte à une époque où on était beaucoup plus croyants. On installait des croix, des oratoires et des chapelles sur les sommets reconnaît le père Pichon, du diocèse de Chambéry, comme les déserts, les montagnes font partie des deux grands lieux spirituels dans la Bible. Symboliquement, c’est un lieu qui permet d’être plus proche de Dieu. »
Au fil du temps les croix sont restées et sont devenues des repères pour tous les marcheurs, croyants ou non. « Ces croix sont souvent visibles de loin, ou de toute une ville : elles sont l’image de la bénédiction de Dieu pour tous ceux qui la voient, qu’ils soient croyants ou non » confirme Yvan Caporizzo, chancelier du diocèse de Chambéry.
Un symbole religieux devenu universel
Avec Instagram et les réseaux sociaux, le symbole religieux a laissé place au fil du temps à la puissance du sommet : on peut voir un grand nombre de photos prises au sommet où la croix n’est plus qu’un élément faisant partie de l’esthétique du décor à mille lieues de sa valeur religieuse. Le symbole devenu universel semble être rentré dans le patrimoine culturel plus que cultuel.
Très concrètement ce sont les communes qui ont la charge de leur entretien : restauration, pose en hélicoptère sont la plupart du temps payés par les mairies. Mais pas uniquement. Des particuliers, ou des associations y contribuent très souvent. À Chambéry, sur la colline des Monts, une association locale a restauré en juin dernier la plaque dédicatoire de la croix de Saint-Concord.
Au-delà de qui finance quoi, une tradition perdure : à chaque fois, une bénédiction est organisée. L’une des plus célèbres du secteur, la croix du Nivolet, qui surplombe Chambéry en Savoie a été bénie par François-Marie Vibert, évêque originaire de Yenne, en 1861. Cette croix a été érigée pour perpétuer le souvenir de la chapelle des pénitents noirs de Chambéry, détruite pour créer l’avenue du comte vert.
« SOS Calvaires restaure et replante des croix sur les sommets »
Certaines croix font l’objet d’un pèlerinage annuel, comme au sommet de la Platière, dont la croix plantée sur un alpage très étendu domine Saint-Jean-de-Maurienne et toute la vallée.
Yvan Caporizzo tient à souligner que « réduire les croix à un vague symbole universel marquant l’arrivée au sommet, serait méconnaître grandement la portée de leur symbolisme. Depuis quelques années, une association nationale, SOS Calvaires, restaure et replante des croix sur les sommets de nos montagnes. » Ce fut le cas en février dernier à Méry, où une centaine de personnes ont assisté à la bénédiction de la croix du Revers par le père Vincent Coutin, et à sa remise en place.
Article issu du Dauphiné Libéré


