Le 20 février 2025, les montagnes françaises accueilleront la deuxième édition des « P’tits Flambeaux », un événement national qui avait marqué les esprits dès sa première édition. Comme on vous l’avait expliqué dans un précédent article (Où et quand assister à la plus grande descente aux flambeaux du monde ?) , cette initiative réunit les écoles de ski françaises (ESF) autour d’une cause solidaire.
Portée par Domaines Skiables de France (DSF) et l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne (ANMSM), elle permet de collecter des fonds pour des associations venant en aide aux enfants défavorisés ou malades. En 2024, plus de 150 stations avaient participé, donnant naissance à la plus grande descente aux flambeaux jamais organisée.
Mais d’où vient cette pratique ? Retour sur son histoire, entre promotion touristique et hommage solidaire.

Aux origines : un héritage du début du XXe siècle
Avant que les écoles de ski ne s’emparent de la tradition, la descente aux flambeaux relevait davantage de la mise en scène que d’une nécessité pratique. Selon les archives historiques, c’est en février 1913 que le Mont-Revard, alors en quête de prestige face aux grandes stations alpines comme Saint-Moritz, organise la première descente aux flambeaux connue.
À l’époque, la station rivalise d’ingéniosité pour attirer une clientèle fortunée : patinoire de 4 000 m², éclairage électrique, fond musical et pistes dédiées aux sports de glace. La descente nocturne, orchestrée en plein faste, s’inscrit dans cette volonté d’émerveillement et de distinction.
Cet événement, organisé sous l’égide du Touring Club et du Club Alpin Français, visait avant tout à promouvoir les sports de neige auprès du grand public. Il s’inscrivait dans une série de manifestations ayant pour but de démocratiser le ski, qui n’était alors qu’un loisir réservé à une élite. Très vite, d’autres stations reprennent l’idée, conscientes de l’effet spectaculaire de ces processions lumineuses dévalant les pentes
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Une tradition qui traverse le siècle…
Dans les décennies suivantes, les descentes aux flambeaux ont gagné en popularité, devenant peu à peu un rendez-vous régulier en station. À Val-d’Isère, des images de 1955 témoignent déjà de cette pratique, qui était alors précédée par une bénédiction des skis par un prêtre.
Loin des salons feutrés du début du siècle, elle s’impose peu à peu comme un rendez-vous festif, accessible et populaire. À Courchevel, en 1975, elle gagne encore en prestige lorsqu’un certain Valéry Giscard d’Estaing se mêle aux skieurs pour une descente mémorable.
Mais la tradition ne se limite pas aux spectacles de fin de journée : elle se pare aussi d’un aspect commémoratif et solidaire. En 1996, par exemple, certaines stations organisent des descentes aux flambeaux en hommage aux victimes du VIH/sida, témoignant de l’évolution d’un événement qui dépasse désormais le simple cadre du divertissement.
Aujourd’hui, cet esprit fédérateur trouve un écho particulier avec des initiatives comme « Les P’tits Flambeaux ». L’an dernier, cette grande descente nationale a rassemblé des milliers de skieurs au profit d’associations dédiées aux enfants défavorisés ou malades. Comme l’expliquait France Montagnes en 2024, « jamais les moniteurs de toute la France ne s’étaient unis pour une cause commune ». Avec plus de 150 stations participantes, l’événement s’est imposé comme la plus grande descente aux flambeaux jamais réalisée.
… et les frontières
Si la France perpétue cette tradition avec ferveur, d’autres pays lui apportent leur propre touche. En Suisse, les écoles de ski organisent encore des descentes nocturnes associées à des soirées fondue dans la région de Villars. À La Clusaz, les « Full Moon » permettent à tous les skieurs de s’élancer sur les pistes éclairées par la seule lumière de la lune, renouant ainsi avec l’essence même du ski nocturne.
De l’élitisme des premières décennies à l’engagement solidaire d’aujourd’hui, la descente aux flambeaux a su se réinventer. Une tradition lumineuse qui continue d’enflammer les cœurs autant que les sommets.
