Il ne reste plus grand-chose du télévillage de Lonzagne à Peisey. Les « iconiques » paniers rouges ont disparu. Le câble de la remontée mécanique a été sectionné puis enroulé par terre. Ne reste plus que la gare aval et les pylônes encore debout. Plus pour longtemps.
Tout autour, les pelles mécaniques et les ouvriers s’activent. Un ballet de camions interrompu accompagne les premiers travaux de terrassement, qui ont démarré le 20 mai.
Ce spectacle, René Tresallet le regarde d’un œil nostalgique. « Ça fait un petit pincement au cœur », glisse le Peiserot. Un symbole s’en va pour celui qui a travaillé pendant dix ans comme conducteur du Lonzagne. Le septuagénaire se devait de rendre un dernier hommage à cette remontée qu’il a toujours connu. « J’en garderai un bon souvenir. Être conducteur était un bon poste. Les journées étaient longues mais on y était bien parce qu’ici on est à part des autres ». Une remontée unique sur le domaine skiable des Arcs/Peisey-Vallandry. Mais aussi en France.
L’un des derniers « télépulsés » de France
Mis en service en 1983, le télévillage de Lonzagne était l’un des derniers « télépulsés », ou télébennes, encore en activité sur les domaines skiables tricolores. Ses cabines ouvertes aux quatre vents et « d’un rouge qui contraste avec le blanc de la neige, en ont fait la renommée bien au-delà de la haute vallée de la Tarentaise », à en croire Émilie Richermoz, une habitante.
Quatre types de publics empruntaient ces paniers d’un autre temps. D’abord, selon la Peiserote Marthe Poccard, « les touristes et les habitants. Les uns descendaient faire leurs courses au village. Les autres montaient pour skier ou aller à la pharmacie ». Puis, il y avait les amateurs de ski de fond pour rattraper la navette vers le site nordique depuis la gare aval. Sans oublier les skieurs en hors-piste des pentes de la mythique Face nord de Bellecôte, à La Plagne.
Le télévillage, resté dans son jus, était un passage obligé pour récupérer le très moderne Vanoise Express. D’où son côté « iconique », selon l’adjectif employé par bien des usagers. Chacun donnait son petit nom à ces cabines. « Paniers à crabes » pour les uns, « casiers à bouteilles » pour les autres. Ou encore « paniers à salade » pour Marthe Poccard. La Peiserote de 76 ans le reconnaît : « C’est la fin d’une époque ». Et le début d’une autre.
Un nouvel appareil opérationnel pour Noël 2026
Une télécabine flambant neuve remplacera le télépulsé. Dix places dans chacune des onze cabines, un temps de trajet divisé par deux et une moindre emprise au sol avec la réduction du nombre de pylônes. Surtout, pour Marthe Poccard, « ce sera couvert donc fini les trajets à se cailler par -16 °C en hiver ! ».
Le nouvel appareil sera opérationnel pour la première semaine des vacances de Noël 2026.
D’ici là, les paniers seront mis en vente par la mairie de Peisey-Nancroix, propriétaire desdites cabines. Selon un élu, la municipalité croulerait sous les demandes. Ultime signe du mythe autour de ces paniers.
Article issu du Dauphiné Libéré





