« Très bien, maintenant, rentrez dans la tente, allongez-vous et vérifiez qu’il n’y a pas de caillou dessous. Ce soir, le sol, c’est votre matelas ! »
Benjamin Thibault égrène ses instructions à Marcello et Elisabetta, qui viennent de “clipper” les arceaux pour tendre correctement leur toile. Derrière eux, Emilio et Lidia, leurs enfants, les observent d’un œil amusé.
Avant de conclure ses vacances à L’Alpe d’Huez, la famille, installée à Lugano, en Suisse, a souhaité s’initier au bivouac dans les règles de l’art.
Une valeur sûre pour les néophytes
« On est stressés toute l’année avec le travail, les activités des enfants… énumère Elisabetta, avocate spécialiste des questions migratoires. Là, c’est l’occasion de créer des souvenirs en faisant quelque chose d’inédit. »
Alors tous s’efforcent de suivre les conseils de Benjamin Thibault, du bureau des guides Oisans – Alpe d’Huez. Pour dispenser les bons gestes d’une pratique en pleine explosion , le bureau propose depuis cet été des sessions d’initiation à la nuit en montagne.
Un point de vue sur 3 massifs
L’expérience commence aux Bergers, le front de neige, ou plutôt d’herbe, en ce début août, de l’Alpe d’Huez, à 1 800 m d’altitude. Les présentations faites, Benjamin ouvre la marche, direction le lac Besson, au nord du domaine. Une randonnée d’environ 300 m de dénivelé positif, avalés en deux heures.
L’ascension est ponctuée de pauses consacrées à la faune et la flore : la petite famille découvre ainsi la différence entre myrtilles et airelles, goûte le fenouil sauvage, identifie le cri de la marmotte… « Regardez bien au sol, quand ça brille, bien souvent, c’est du quartz ! » avertit Benjamin. Du haut de ses 9 ans, Emilio s’imagine cristallier et se remplit les poches. « On ne pourra pas tout redescendre », l’avertit, en vain, son père.
Arrivé au lac, le groupe est mené par Benjamin vers un promontoire, qui offre un superbe panorama sur les sommets des Grandes Rousses, de Belledonne et du Taillefer, notamment.

Photo: Benoît Lagneux / Le Dauphiné Libéré
Le guide, promesse d’une bonne installation
« C’est la première étape d’un bon bivouac : trouver un endroit plat, qui ne soit pas en alpage et qui a déjà, si possible, accueilli des campeurs », professe l’accompagnateur. La chasse aux cailloux terminée, les tentes peuvent être plantées, et les matelas gonflés. Le bureau des guides fournit tout le matériel ; les apprentis bivouaqueurs n’ont que leur sac personnel à monter.
Une fois la tente fermée, pour chasser la rosée du soir, place à l’allumage du brasero, préalable à l’apéritif et au repas. Truites de la Bièvre, bière, ravioles et fromages produits en Oisans… Benjamin met les petits plats dans les grands.
« Pour une découverte, on veut proposer des produits locaux et de qualité, pour que l’expérience soit confortable, au moins du point de vue culinaire », justifie-t-il en souriant. Une attention saluée par les parents, quand Lidia a surtout trouvé son bonheur avec les marshmallows grillés au feu. Un digestif maison achève de pousser les néo-montagnards vers le sommeil.

Photo: Benoît Lagneux / Le Dauphiné Libéré
« Ça s’est très bien passé »
Au réveil, peu après 7 h, chacun découvre les stigmates de la nuit en montagne : petits yeux, mal de dos, chaussures humides car restées hors de la tente… Pour autant, l’expérience est très positive. « Ça s’est très bien passé, on a globalement bien dormi, apprécie Elisabetta. Il n’y a pas eu de bruits, donc pas de soucis. »
Le petit-déjeuner avalé, il est temps de défaire le campement. Entre deux sardines à déterrer, Elisabetta embrasse l’horizon : « Cette vue au matin, quand on ouvre la tente, c’est magnifique, profite-t-elle. La paix totale, dans la nature, c’est relaxant. C’est une expérience qu’on va refaire ! » Derrière elle, Emilio trépigne : Benjamin a promis de lui montrer une veine riche en quartz. Il reviendra les poches bien garnies… comme la boîte à souvenirs de la famille.
Article issu du Dauphiné Libéré.
Quelle quantité d’eau prévoir ?
Trois litres, c’est la quantité d’eau à prévoir par personne pour un bivouac en autonomie. « On dit toujours qu’il faut 1,5 litre pour la partie marche, et autant pour la soirée et le lendemain, chiffre Benjamin Thibault. En montagne, l’air est sec, on se déshydrate très vite. »
L’accompagnateur en moyenne montagne recommande par ailleurs de s’équiper de dispositifs de filtrage, comme des pastilles ou une gourde spécifique, des compléments bien pratiques au cas où vous croisez une source d’eau.