Quarante ans, désormais, que Réallon se conjugue avec station. Mais avant de se plonger sur les pistes Aquarius, Pégase ou La Ripaaa, bien connue des pratiquants de luge, il faut d’abord faire tout schuss dans les archives. Et dans un délibération municipale prise un jour de décembre 1954.
Le 19 de ce mois-là, Élie Peyron, maire de Réallon, soucieux de l’essor économique de sa commune, sollicite avec son conseil les services de l’État. Il veut étudier la possibilité d’installer un remonte pente au Lacas. Une opportunité, pense-t-il, pour sa commune. D’autant que la construction annoncée du barrage de Serre-Ponçon entraîne une proximité avec la future route nationale.
« Perle méconnue des Hautes-Alpes »
Un an et demi plus tard, Le Dauphiné Libéré titre : “Visite de printemps à Réallon, perle méconnue des Hautes-Alpes que le ski et l’alpinisme devraient faire sortir de l’oubli”. “Un village de 400 habitants où il ne reste plus qu’une église romane et un pan de mur noir d’un vieux château fort […]. Des lettres de noblesses qui ne peuvent empêcher le village de dormir à l’écart du XXe siècle […] si Réallon n’avait des charmes encore cachés qui séduisent tous les touristes et tous les skieurs qui y montent par hasard”, est-il écrit dans nos colonnes ce 8 mars 1956. L’auteur de ces lignes signe un parallèle prestigieux : “Si un télébenne était construit sur ce versant, il desservirait des pistes exposées Nord-Est (pentes de La Gardette et La Pousterle) qui rappelleraient étrangement Serre Chevalier”.
Deux ans plus tard Jérémie Peyron, nouvel édile, reprend le projet. Bien que des progrès soient constatés sur place –adduction d’eau, nouvelle mairie, l’arrivée du téléphone, un projet de route des Rousses aux Gourniers… Las. Aucune nouvelle de la préfecture des Hautes-Alpes.

La station ouvre le 21 décembre 1985
En 1961, il ne reste que 249 habitants. Mais, avec les années 1960, un tourisme estival voit peu à peu le jour autour de Serre-Ponçon et l’on commence à penser complexe sportif hivernal. Le syndicat mixte intercommunal de Serre-Ponçon mandate un ingénieur en chef des Ponts et chaussées, monsieur Cassoux. Son choix se pour un site sous les Aiguilles de Chabrières.
Mars 1977. Adrien Gleize est élu maire de Réallon : c’est durant la première partie de sa mandature, de 1977 à 1995 que le projet va finalement aboutir. 21 décembre 1985, donc : le maire est là, le préfet aussi, des élus et des invités. Mais pas la neige…
Les flocons étaient eux bien, là, le 20 décembre dernier, à l’heure de l’ouverture. Quarante ans plus tard, la station se veut pionnière en matière de développement durable : le flocon, vert cette fois, du nom du label du même nom a été décerné à Réallon le 8 décembre. Avec Val d’Allos, ce sont les seules stations des Alpes du Sud.
Article issu du Dauphiné Libéré


