« Je filais devant pour éviter mon père » : Frédérique Bel et ses sorties ski avec l’école

Si Frédérique Bel a vu le jour à Annecy, elle est partie chercher le ciel bleu bien loin de la Venise des Alpes. C’est depuis une terrasse d’Ibiza, là où le ski est plus nautique qu’alpin, qu’elle revient, pour Le Dauphiné Libéré, sur ses années passées au pied des montagnes.

Des souvenirs qui la ramènent au bar que tenaient ses parents, à deux pas de la gare d’Annecy. « C’était drôle parce que les touristes descendaient du train avec les chaussures de ski, comme s’ils pensaient que la neige était déjà là. On se moquait un peu d’eux. Maintenant que j’y pense, en tant que Parisienne, les chaussures de ski, tu les mets déjà aux pieds parce qu’elles sont lourdes ! »

Mais le petit coin de bonheur de son enfance était un peu plus haut, à Thorens-Glières, où vivait sa grand-mère. « J’allais très souvent chez elle, la dernière maison avant le Parmelan. Là, j’ai vécu et grandi dans la forêt. Je me baladais avec mon petit bob rouge, avec ma petite luge et j’allais donner à manger aux chats sauvages dans les granges. Je n’avais pas de poupée, j’avais des animaux. »

Frédérique Bel. Photo Sylvain Muscio
Frédérique Bel. Photo Sylvain Muscio

« Les aigles ont mangé tous mes cochons d’Inde »

Des animaux avec lesquels la future star de La Minute blonde a noué des relations fortes. « Mon grand-père m’a appris à leur parler et à comprendre la nature. À savoir que, quand la montagne est loin, c’est qu’il va faire beau. Et puis la conscience, dans la montagne, du cycle des animaux. Je dis ça parce que les aigles ont mangé tous mes cochons d’Inde. J’en avais une petite communauté dans le jardin. »

Sous le chaud soleil d’Ibiza, la comédienne se souvient aussi du froid polaire des hivers haut-savoyards. Celui qui pique les joues de bon matin, sur le chemin de l’école. « On a eu des températures incroyables. Des – 20°C parce qu’on était à plus de 1000 m d’altitude. » Ce n’était pas la cabane au Canada de Line Renaud, mais pas loin !

Il fallait en tout cas être motivée pour aller en cours. « On prenait le bus devant une maison d’hôte, Chez Madame Rose. Il n’y avait pas de route entre la maison et l’arrêt donc il pouvait y avoir plus d’un mètre de neige. Quand on avait la flemme, on marchait, c’était compliqué. Mais parfois, on avait la chance d’y aller à ski de fond. On les laissait chez Rose la journée et on les reprenait le soir. Je me souviens que ma sœur, un jour, avait perdu un bouton de son manteau… On l’a retrouvé au dégel ! »

« Un bonhomme de neige qui avait duré jusqu’au mois de mai »

Loin d’être un obstacle, la neige s’est avérée un terrain de jeux exceptionnel pour la petite Frédérique. Car avant de cartonner au cinéma dans la trilogie Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, elle a été une pro des bonshommes de neige. Mais attention, du bonhomme de compète ! « On en avait fait un énorme, qui avait duré jusqu’au mois de mai. On le creusait pour en faire une sorte de bonhomme de neige/igloo ! Ça nous faisait une pièce en plus de la maison. »

Évidemment, il aurait été dommage d’habiter si près des pistes sans s’y aventurer. Avec l’école, Frédérique Bel a rapidement goûté aux joies du ski. Tous les mardis : direction le Semnoz. Et parmi les parents accompagnateurs de ces “classes blanches”, son papa. Une chance ? Pas si sûr…

« Je filais devant parce que je ne voulais pas l’avoir sur le dos ! Il gardait les autres, qui étaient un peu à la traîne. La journée de ski, c’est quand même un moment de liberté pour un enfant. On n’a pas envie d’avoir son père qui nous dit : “Tiens toi droite, fais ci, fais ça !” Je me rappelle même avoir fait des pentes sans trace et avoir passé des endroits super compliqués, hyper vite. Et mon père qui me demandait si j’avais déchaussé, alors que non. »

Frédérique Bel. Photo Sylvain Muscio
Frédérique Bel. Photo Sylvain Muscio

« Je ne vois pas les reliefs, c’est un gros souci »

Sa discipline de prédilection ? Le ski de fond. « Je me suis vraiment éclatée ! Au ski de piste aussi mais différemment, dans le sens où je me suis pété la jambe ! » Il faut dire qu’un problème de vue ne lui facilite pas la tâche. « Je ne vois pas les reliefs, c’est un gros souci. Je ne peux skier que dans les endroits où il y a du soleil pour pouvoir voir les ombres. Sinon, quand il y a un ciel blanc, c’est impossible pour moi, j’ai l’impression d’être dans un grand sac-poubelle blanc, je ne peux plus avancer. »

Le ski, c’est surtout en marge de (nombreux) festivals qu’elle le pratique aujourd’hui. L’Alpe d’Huez, Luchon… ou encore Les Arcs. « C’est un de mes endroits préférés, il y a beaucoup de neige et la station est sympa ! » Et si vous ne la croisez pas sur les pistes, cherchez plutôt au rayon des activités à sensations fortes, son péché mignon ! « J’ai inauguré la tyrolienne des Arcs, j’ai adoré. C’était drôle parce que les journalistes me regardaient, je devais m’allonger, les pieds dans des espèces de cales. Le personnel me disait : “Poussez, poussez !” et j’ai crié “C’est un garçon !” »

Frédérique Bel n’a peur de rien, c’est elle qui le dit ! Sur les écrans non plus d’ailleurs, où vous la verrez prochainement confrontée à une affaire criminelle sur France 3 ou au cinéma face aux esprits dans le prochain film d’Élie Semoun, Ducobu et le fantôme de Saint-Potache. Côté montagne, c’est à Chamonix, sa prochaine destination ski, que vous la retrouverez. « J’aime y faire du parapente au-dessus de la mer de glace. » L’occasion de ressortir sa combinaison jaune à la Kill Bill. Guettez donc bien, sur les pistes… ou dans les airs !

Article issu du Dauphiné Libéré

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