Tout le monde a un souvenir de Vincent Desagnat. Les adolescents du début des années 2000 n’ont pas pu rater ses folies dans le Morning live, sur M6, qu’il portait avec ses amis Michaël Youn et Benjamin Morgaine. Au fil des années, les trois compères n’ont cessé de divertir les Français. Le projet Fatal Bazooka, qui aura même eu le droit à son film, les Bratisla boys, Les Onze commandements… Autant de créations déjantées qui auront infusé l’esprit des générations qui les ont suivis dans l’humour. Sans oublier, quelques années plus tard, la déflagration Babysitting avec la bande de Philippe Lacheau.
Si l’acteur fait désormais partie de la mémoire collective, c’est nous qui sommes allés lui remuer les méninges. L’information n’est pas nécessairement de notoriété publique mais Vincent Desagnat cultive une partie de ses racines en Haute-Savoie. À Megève, plus précisément. Son grand-père paternel, Robert Cazenave, aura marqué l’histoire de son village et même au-delà sur le territoire du Pays du Mont-Blanc. « C’était un homme extraordinaire. Un montagnard, un vrai. Il était moniteur de ski, guide, il a même été le patron de la Compagnie des guides de Saint-Gervais », détaille Vincent, dont la voix se remplit de fierté quasiment instantanément lorsqu’il parle de son aïeul.

« J’avais le meilleur moniteur sur Terre »
Au-delà de sa vie dans les cimes, Robert Cazenave aura aussi pris part à la création d’un emblème de l’industrie française disparu l’été dernier : l’usine des skis Dynastar de Sallanches. Alors, avec un grand-père comme celui-là, difficile de passer ses vacances ailleurs qu’autour du massif du Mont-Blanc : « Mes parents travaillaient beaucoup donc avec mon grand frère, on a passé de longs et incroyables moments ici. Hiver comme été, d’ailleurs. »
L’été, c’est simple. Des randonnées. Beaucoup de randonnées. Du mont Joly en passant par le Jaillet, tout y passe. « On dormait dans les refuges, dans les tentes, on allait cueillir des champignons… On passait notre temps dehors finalement. Notre grand-père nous faisait faire des descentes en rappel, des marches de plusieurs jours. C’était l’aventure permanente. »
L’hiver, le ski règne en maître. Et l’apprentissage pour Vincent Desagnat et ses frères se fait à l’ancienne. On pourrait presque dire à la dure. « Le matin, pour que l’on se fasse les jambes, on devait descendre les pistes mais les remonter à pied avec les skis dans les bras. L’après-midi, on avait le droit de prendre les remontées. On skiait autour de Megève, de la Côte 2000 au Jaillet en passant par le Mont-d’Arbois. Quand on prenait la télécabine de la Princesse, il y avait une sorte de fierté parce que c’est mon grand-père qui en a fait le tracé. Et puis j’avais le meilleur moniteur sur Terre », sourit le comédien.
« Qui dit skateur dit snowboard »
À l’adolescence, Vincent se rapproche d’un groupe de jeunes Mégevans. Tous partagent la pratique du skateboard et se font souvent virer du parking de la gendarmerie où la ride se pratiquait régulièrement : « Qui dit skateur dit snowboard. J’ai dû faire face à son scepticisme de pionnier du ski moderne. Il appelait ça une “planche à merde” c’était un vrai sujet familial. » Et puis, il y a tous les moments passés au chalet situé dans le secteur du Crêt du Midi, vendu depuis le décès de Robert.
À partir de cette période, Vincent Desagnat s’est moins souvent rendu à Megève. Les projets de télévision et de cinéma s’enchaînent à une vitesse folle. Alors, lorsque le tournage de BDE, le film de Mickaël Youn, a posé ses caméras à Megève, l’occasion était trop belle : « C’était un bonheur. J’ai justement pu retrouver mes copains de l’époque, c’était formidable. Sachant que je n’avais pas forcément influencé le lieu de tournage et la production ! »
En attendant de revenir sur ses terres mégevannes pour tourner un projet qu’il écrit actuellement autour d’un univers fantastique, Vincent Desagnat n’arrête pas de bosser. Depuis le 12 février dernier, il incarne le commissaire Trimoulin, un chef de brigade des mineurs dans la série Léo Mattéï, portée par Jean-Luc Reichmann et diffusée sur TF1. Un personnage drôle, humain, un peu dans la lune et attachant, à son image : « Il essaie d’apporter un peu de légèreté à des enquêtes lourdes, compliquées. Ça ressemble un peu à ce que l’on veut parfois faire en tant que comédien. Faire sourire les gens quand la vie est dure. »
Article issu du Dauphiné Libéré


