De la route de nuit aux pistes de ski : l’histoire d’amour d’Audrey Lamy avec la montagne

Dans la famille Lamy, que ce soit pour Alexandra, la grande sœur, ou Audrey, la petite, la montagne évoque d’abord un souvenir d’enfance et ce rituel chaque hiver. « Les parents nous réveillaient dans la nuit, vers 3 heures, pour qu’on évite les bouchons. Je me calais à l’arrière, toujours en pyjama, avec mon oreiller », raconte la cadette. Depuis Alès (Gard), où les parents tiennent un commerce de tissu d’ameublement, la famille roule vers les Alpes. « De nuit, il y avait quelque chose de mystérieux à prendre la route si tôt. C’était le signal du début des vacances à la neige. »

À l’Alpe d’Huez, Audrey Lamy a fêté ses 45 ans en janvier, en plein festival du film de comédie dont elle présidait le jury. Dans la station phare de l’Oisans, l’actrice joue à domicile. D’abord parce qu’elle l’aime ce festival, « le seul où on peut venir en jeans et Moon Boots. Chaleureux, populaire, sincère… Pas besoin de se casser la tête à trouver un créateur et une robe. Ici, tout est simple, on prend la comédie au sérieux sans se prendre au sérieux. Et on ne craint pas de se casser la figure en montant les marches ».

C’était son dixième festival depuis 2009 et Tout ce qui brille, de Géraldine Nakache, qui lui avait valu une nomination aux César du meilleur espoir féminin pour son second rôle de banlieusarde excitée. À l’Alpe, elle a décroché son premier prix d’interprétation en 2022, pour son incarnation d’une cheffe cuisinière amenée à travailler avec des jeunes migrants dans La Brigade. « Et puis c’est un prétexte pour venir à la montagne et descendre quelques pistes ».

Audrey Lamy. Photo Benoît Lagneux
Audrey Lamy. Photo Benoît Lagneux

Des Noël en famille aux Deux Alpes

Car si l’air d’Huez lui va si bien, c’est qu’elle vient en voisine. « J’ai un appartement en face, aux Deux Alpes, depuis 18 ans. J’ai eu le coup de cœur grâce à mon mari qui y vient depuis tout petit. Ses grands-parents étaient là à la création de la station ». L’entrepreneur Thomas Sabatier lui a donné le goût de la montagne. Avec leurs jeunes enfants, ils y séjournent l’hiver mais aussi l’été. « Tout le temps. On vit dans le Sud, près de Montpellier, alors on vient prendre la fraîcheur ». Les enfants adorent. « C’est génial pour eux. En bas, il y a cette grande rue qui longe les pistes, il y a plein d’activités, on les laisse et on part en randonnée ou en VTT. » Mention spéciale pour le nouveau téléphérique du Jandri qui, en 20 minutes, vous propulse vers le glacier à 3200 mètres d’altitude. « Et le projet de liaison avec ici, l’Alpe d’Huez, il en est où ? Abandonné ? Dommage. »

Les Deux Alpes, ce sont aussi les souvenirs des Noël en famille, avec Alexandra bien sûr, mais également Chloé, sa nièce, elle aussi dans le cinéma. « Et quand la neige tombe le soir du réveillon, t’as juste envie de prendre une caméra, c’est le décor idéal pour une comédie romantique ». Bon, elle trouve que ça se construit beaucoup quand même. Mais pas de quoi altérer son attachement à ce versant.

Ses premiers pas sur les skis, Audrey Lamy en garde un vague souvenir. « Je devais passer la première étoile et l’ourson, je ne sais plus. Je portais une combinaison rouge, il y avait un petit slalom et ma mère, m’avait bien dit de passer entre les portes. Évidemment, je suis partie tout droit et je n’ai pas eu la médaille. » Ce caractère fonceur lui vaudra de faire la carrière qu’on connaît. Elle en sait gré à sa sœur aînée qui l’a inspirée, quand elle la suivait alors qu’Alexandra, censée la garder, prenait des cours de théâtre en cachette au conservatoire de Nîmes.

En tongs au pied de l’Himalaya

Reconnaissance envers ses parents aussi, qui lui ont laissé pendant deux ans carte blanche pour percer dans ce métier, après son bac. L’ancienne élève de l’option théâtre de l’institut Bellevue, lycée privé d’Alès, partira à Paris, passera par le cours Florent puis décrochera le graal : intégrer le conservatoire national. « C’est là où j’ai rencontré Cédric Klapisch qui m’a donné mes premiers petits rôles. » Et cette directrice de casting qui la mettra sur la voie de Tout ce qui brille.

À ses débuts, on la voit aussi dans Brice de Nice, succès de son ex-beau-frère Jean Dujardin. Et évidemment dans la série télévisée Scènes de ménages sur M6 dont le succès, qui perdure encore aujourd’hui, lui doit beaucoup. Sa luminosité ne l’empêche pas d’évoluer vers des rôles plus graves, au contraire : assistante sociale dans Les Invisibles, mère d’un enfant autiste dans En tongs au pied de l’Himalaya ou maman incestueuse et paumée dans Polisse.

Mais la comédie a sa prédilection, elle qui a incarné Bonemine dans le dernier Astérix. Son premier grand « premier rôle », maman déjantée prête à tout pour défendre son petit garçon dans Ma reum, restera un temps fort de sa carrière. Entre cinéma et montagne, le film Les Bronzés font du ski a bercé son enfance. « Je regardais ça avant même les dessins animés. J’ai retrouvé la cassette VHS chez mes parents où j’avais écrit, avec beaucoup de fautes d’orthographe, “S’il vous plaît, papa maman ne pas effacer” ! Je pourrais réécrire le script parce que je connais toutes les répliques par cœur ». Sa préférée ? « Te casse pas Popeye, on a compris ». Indémodable.

« Ces comédies n’ont pas pris une ride, avec de vrais personnages, grotesques mais tellement humains qu’on les aime ». Elle aurait adoré jouer le rôle tenu par Marie-Anne Chazel , qui interprète sa mère dans Scènes de ménage. « Il paraît que je lui ressemble ». Ce retour aux années 80, elle l’a opéré dans son prochain film, Police flash 80, qui a fait sensation à l’Alpe d’Huez (hors compétition). Sur les écrans, à partir du 18 mars, on la verra faire équipe avec François Damiens dans une comédie policière vintage à mort entre coupes mulets et chansons de Michel Sardou.

Article issu du Dauphiné Libéré

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