Avant le Roc d’Enfer, il y a eu La Sambuy. Dans cette petite station située sur les hauteurs de Faverges-Seythenex, au bout du lac d’Annecy, la décision de tirer un trait sur le ski a été prise en juin 2023 par le conseil municipal. Dans le Chablais le mouvement est encore inverse puisqu’ici les pouvoirs publics luttent pour sauver la station alors que la situation financière invite à la fermer.
À la Sambuy, le constat était cependant le même : un déficit d’exploitation structurel impossible à combler (de l’ordre de 250 000 à 450 000 euros annuels) et un entretien des installations de plus en plus pesants pour les finances locales.
Toutefois, ces arguments économiques n’ont pas suffi à calmer la déception, voire l’incompréhension, d’une partie de la population. En l’espace de deux ans et demi, une association est née pour contrecarrer le projet de démantèlement et de nombreuses manifestations ont été organisées pour soutenir le site. Trois recours devant la justice – tous perdants – ont également été déposés. Bref, pendant de longs mois, l’avenir de La Sambuy a divisé Faverges-Seythenex et s’est naturellement invité dans la campagne des récentes élections municipales. Ce qui n’a pas empêché le démontage d’avoir lieu en fin d’année dernière.

Vers un nouveau modèle sans ski alpin
Aujourd’hui, le nouveau maire de la commune – qui était contre l’enlèvement des remontées mécaniques et qui a milité, en vain, pour qu’elles restent en place au moins jusqu’à l’issue du scrutin – admet que le futur de la station se fera « très probablement » sans ski alpin.
« Remettre un petit téléski unique, si on trouve des financeurs, pourquoi pas. Et encore. Mais réinstaller un télésiège, sauf si on me donne 6 ou 7 millions d’euros, c’est tout simplement utopique, analyse Yves Crépel. Il faut être sérieux. »
À ses yeux, et quand bien même La Sambuy est de plus en plus prisée des skieurs de randonnée en hiver, le potentiel touristique du site a davantage de chances de se révéler en été. « Ça reste un lieu attractif qui propose des balades exceptionnelles et où il y a déjà des activités. Il a simplement besoin d’être redynamisé », affirme l’élu. De quelle façon ? « Je n’ai pas de solution immédiate mais on va y travailler, on va voir ce que l’on peut faire », répond le maire Yves Crépel.
Article issu du Dauphiné Libéré