Perché à 1 500 mètres d’altitude dans les Aravis, au pied des pistes de Manigod, le centre de vacances La Ruche voit défiler la vie du domaine skiable à travers ses fenêtres. La ligne d’horizon se découpe entre les sapins, les pylônes, les différentes boutiques de forfaits de ski, de location de matériel ou de produits régionaux. En hiver, ce sont les skieurs qui se pressent au sommet des pistes. En été, les cyclistes qui se lancent à l’assaut du col de la Croix Fry.
Ouvert toute l’année, et avec plus de 14 000 nuitées sur la saison d’hiver, le centre accueille des milliers d’élèves du réseau d’écoles privées catholiques La Salle, mais aussi des familles, des associations ou encore des clubs sportifs, de région parisienne, de Bretagne ou encore de Lyon.
La Ruche participe pleinement à l’économie de la station, essaimant de nombreuses retombées économiques directes et indirectes. Le centre emploie 10 personnes en permanence, qui résident à proximité, mais aussi jusqu’à neuf saisonniers, dont deux viennent du Grand-Bornand. Il soutient également des emplois indirects, en envoyant par exemple 25 classes de neige à l’École du ski français (ESF) pour la saison 2025-2026, mobilisant entre quatre à huit moniteurs. « En haute saison, cela peut représenter environ 40 heures de cours par semaine », estime David Perillat, directeur de l’ESF de Manigod.
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Des fournisseurs locaux largement sollicités
C’est aussi une ressource considérable pour les commerces de restauration et de tourisme de toute la vallée. Sigolène Dupoizat, directrice de La Ruche, égraine les factures : 30 kilos de tomme de Savoie par-là, 86 kilos de reblochon par-ci à la ferme de l’Étale, située à cinq minutes en voiture. En hiver, entre 1 000 et 1 400 euros y passent chaque mois pour la traditionnelle tartiflette hebdomadaire. Idem pour le pain, sorti tout droit du four de La Manigodine, à 12 minutes de là. Les gros mois, 1 000 pains et 500 baguettes sont commandés, pour 1 500 euros. Et quand le boulanger est en repos, ils vont se fournir à La Clusaz. « Pas question d’avoir du pain surgelé », assure Michel Alliet, directeur adjoint. En revanche, pour tout le reste, ils passent par une centrale d’achat.
La liste ne s’arrête pas là. La structure propose des séjours clé en main qui font travailler les prestataires locaux. Là encore, Sigolène Dupoizat épluche les comptes : 6 000 euros pour l’Éco musée du bois et de la Forêt ; 1 800 euros pour les bureaux des Guides de Thônes, affinerie Paccard, ou encore 1 600 euros à l’hôtel-restaurant Les Rosières pour loger les chauffeurs.
Sans oublier l’argent de poche qui file dans les gaufres ou dans les souvenirs. Manon Mermillod, responsable de la boutique Valetmont, évalue autour de 10 % de son chiffre d’affaires les achats des enfants et ados de La Ruche. « Ils dépensent en moyenne entre 5 et 10 euros, pour des porte-clés, des magnets à l’effigie de la station ou des peluches », assure-t-elle.
Cette clientèle n’est certes peut-être pas celle qui a le portefeuille le plus épais, mais elle participe au rayonnement de la station et représente un levier de fidélisation important. Les témoignages des anciens élèves de colonies de vacances ou de classes de neige, qui reviennent trois ou quatre ans plus tard avec leurs parents, ou vingt ans après avec leurs enfants, sont nombreux. « Financièrement, ce n’est pas très intéressant, mais c’est une vision à long terme, cela participe à la culture montagne », souligne David Perillat.

Un investissement sur l’avenir de la station
Si le tarif proposé – 40 euros pour un cours de ski de 8 à 10 élèves, contre 45 euros pour un cours particulier – n’est pas rentable, il sait qu’il attire la clientèle de demain. « Les classes découvertes nous permettent d’envisager l’avenir ». Et de citer l’exemple de Saint-Sorlin-d’Arves, en Savoie, où l’ESF a participé, avec le Département, au rachat du centre de l’UCPA.
Même son de cloche pour Nicolas Charlot, directeur de la station. 3 000 forfaits de journées skieurs ont été vendues à La Ruche sur la saison, soit 5 %. Ce « n’est pas énorme » admet le responsable des remontées, mais, alors que le modèle économique des stations de moyenne montagne est remis en cause par l’enneigement de plus en plus rare, c’est une clientèle stable. « Cela crée une histoire : cela renforce l’ambiance familiale du domaine, où le ski se transmet de génération en génération », explique le directeur.
Et, au-delà du ski, en proposant des bivouacs, des ateliers pour découvrir l’affinage ou des cueillettes de myrtilles, le centre joue aussi un rôle social et écologique, en sensibilisant au patrimoine et à la biodiversité.

L’étude, supervisée par Gilles Caire et l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT), a été menée auprès de 24 centres de vacances en Bretagne et en Auvergne-Rhône-Alpes (dont huit en zone montagne). Elle dresse un portrait-robot des établissements dans la région :
▶ Avec une capacité moyenne de 161 lits, la fréquentation est estimée à 17 442 nuitées à l’année, et 5 284 personnes.
▶ Les classes de découvertes et les colonies de vacances représentent le premier public accueilli, avec respectivement 44 % et 27 % des groupes.
▶ 54 classes sont accueillies par an, et 20 groupes de colonies.
▶ Le centre ouvre 279 jours par an.
▶ La durée du séjour est de 4,1 nuitées.
Article issu du Dauphiné Libéré