Depuis le 15 novembre et jusqu’au 15 avril (pour les territoires de montagne), le Département de l’Isère met en œuvre sa campagne de viabilité hivernale pour rendre les routes praticables pour les automobilistes.
Le lancement officiel de la campagne de viabilité hivernale 2025-2026 du Département de l’Isère a eu lieu le mercredi 3 décembre au Centre d’entretien routier de Saint-Marcellin.
L’Isère passe en mode hiver
Si le lancement officiel de la campagne de viabilité hivernale du Département de l’Isère a eu lieu ce mercredi 3 décembre au Centre d’entretien routier (CER) de Saint-Marcellin, les agents sont engagés depuis déjà plus de deux semaines sur le terrain. C’est en effet à partir du 15 novembre que le Département passe, pour les routes dont il a la charge, en “mode hiver”. Un plan qui est actif jusqu’au 15 mars en plaine et jusqu’au 15 avril pour les territoires de montagne.
Lors de son discours de lancement, le vice-président aux routes (et élu du secteur) Bernard Perazio a d’ailleurs justifié le choix de Saint-Marcellin comme lieu d’accueil de la cérémonie officielle dans la mesure où « le Sud-Grésivaudan est représentatif de la topographie du département où l’on doit intervenir aussi bien dans des zones à faible altitude, comme la vallée du Rhône, et dans des territoires montagneux comme le Vercors, l’Oisans ou en Chartreuse ».
Le fait que le CER saint-marcellinois (sur les 31 que l’on compte en Isère) a récemment fait l’objet d’importants travaux de modernisation, avec notamment un nouveau dépôt de sel (remplaçant le précédent qui datait des JO de Grenoble en 1968) de 15 mètres de haut pour une capacité de stockage de 600 tonnes, n’est aussi pas étranger à ce choix, bien évidemment.
300 agents mobilisés
Chaque hiver, pas moins de 300 agents du Département sont mobilisés pour assurer la viabilité hivernale avec des horaires de travail s’étalant le plus souvent de 4 heures du matin (parfois 3) jusqu’à 23 heures en fonction des conditions météorologiques.
Pour faire face à cet afflux de missions, la collectivité s’adjoint en outre, chaque hiver, le renfort d’une centaine de saisonniers et passe également des conventions avec 14 entreprises privées et agriculteurs. En tout, sur les routes départementales, on compte ainsi 180 circuits de déneigement et de traitement du verglas.
La recette de l’hiver
Depuis plusieurs hivers, le Département délaisse peu à peu le sel en grains pour le traitement du froid sur les routes. Ou plus exactement ajoute à celui-ci de la saumure. Ce mélange, appelé “bouillie de sel”, est ainsi efficace jusqu’à -12 °C. « Cela nous permet d’attaquer le gel à des températures plus basses et nécessite moins de trafic routier pour être efficace », avance Yann Moreau, responsable du service aménagement du Département.
Pour l’hiver, il faut compter malgré tout 10 000 tonnes de sel pour intervenir sur toute l’Isère. Une denrée précieuse pour la collectivité qui la commande bien en amont de la saison des grands froids. Bernard Perazio se souvient en effet « d’épisodes de crise dans le passé où tous les départements cherchaient à s’approvisionner en même temps » pour justifier cette prudence.
Désiré, le véhicule doué pour l’hiver
Pour assurer l’entretien de ses quelque 4 700 km de routes (dont plus de 1 000 se situent au-delà de 800 mètres d’altitude), le Département arme, chaque hiver, pas moins de 200 véhicules.
Dans le Vercors, il en existe même un modèle unique, spécialement adapté pour être à la fois efficace dans cette zone de montagne et pouvoir emprunter le tunnel des Écouges qui conduit aux Coulmes via l’une des célèbres routes à encorbellement du secteur. Son petit nom ? “Désiré”.
Le prix de l’hiver
Si l’on cumule l’achat de fournitures, le carburant, l’acquisition et l’entretien des véhicules, sans parler des marchés passés avec les délégataires sur certains circuits, la viabilité hivernale représente un coût annuel de quatre millions d’euros pour le conseil départemental. Une somme dans laquelle les salaires des agents ne sont pas pris en compte.
Pour connaître l’état des routes en temps réel : itinisere.fr
Article issu du Dauphiné Libéré