Pourquoi les éboulements se multiplient sur cette route des Alpes, parmi les plus chères de France

La mauvaise nouvelle est tombée le 3 décembre dernier. Après trois éboulements rocheux dans un temps réduit, le Département de la Savoie a dû décider la fermeture à la circulation des gorges de l’Arly et ce jusqu’à la fin de l’hiver.

Le 21 novembre, 40 m³ de blocs rocheux ont chuté sur la RD 1212 à hauteur de la Combe Noire. Six jours plus tard, le 27 novembre, alors que l’accès à la route était déjà fermé, un nouvel éboulement important est survenu. « 120 m³ de blocs se sont détachés des parois rocheuses au niveau du secteur des Mottets. Une grande partie a pu être contenue par les filets de protection et seulement quelques blocs ont atteint la route », indique Anne Lescurier, cheffe du service risques naturels pour la direction des infrastructures de Savoie.

Plus récemment, le 1er décembre, les gorges de l’Arly ont subi un troisième éboulement, dans le secteur de la Panissière avec une chute de pierres de 150 m³.

Photo Le DL/Louise Raymond
Photo Le DL/Louise Raymond

Une déviation a été mise en place

Pour les 5 300 véhicules qui utilisent quotidiennement cette route reliant Ugine à la Haute-Savoie via Flumet, une déviation a été mise en place par Héry-sur-Ugine (RD 109), pour les véhicules légers et les poids lourds de moins de 19 tonnes.

Un coup dur pour le Département qui « estime le coût des travaux de réparation à plus d’une centaine de milliers d’euros. D’autant que depuis 2016, 40 millions d’euros ont déjà été investis », rapporte Olivier Thevenet, vice-président du conseil départemental délégué aux infrastructures.

En attendant une possible réouverture des gorges d’ici le printemps 2026, les ouvriers ont commencé à sécuriser le site. Une première expertise géologique a révélé que 60 m³ de rochers restent instables et menacent de tomber. « Pour sécuriser les postes de travail, il va falloir purger les blocs pour enlever les plus instables et éventuellement faire du minage. Des barrières de sécurité pour les cordistes vont être installées sur les arbres de façon à prévenir les risques de chute de blocs qui viendraient de plus haut. Une fois ces travaux effectués, les bancs rocheux seront stabilisés à l’aide d’ancrage pour, par la suite, réparer les filets et les écrans de sécurité endommagés par les éboulements », précise Anne Lescurier.

« Des problèmes de gel-dégel à répétition »

Si les chutes de pierres ne datent pas d’hier, le phénomène tend à s’accélérer, en partie à cause du réchauffement climatique. Aujourd’hui, les gorges de l’Arly font face à deux problèmes. D’abord, le phénomène de gel-dégel. « Depuis 10 ans, on observait du gel en décembre qui ne dégelait pas avant février. Aujourd’hui, c’est exactement l’inverse. La température fait le yoyo sans arrêt. Et ça génère des problèmes de gel-dégel à répétition. »

Autre facteur déclenchant : la pluie. « Nous avons aussi des grosses périodes de pluie entraînant des coulées de boue et des glissements de terrain. Auparavant, l’hiver, nous n’avions pas d’autres risques naturels que les avalanches. »

Largement présente en hiver, la pluie pourrait bien risquer de retarder le chantier. « Si plus de 25 mm de pluie sont tombés en une journée, les ouvriers doivent s’arrêter de travailler pendant 24 heures. Cet arrêt peut être renouvelé si dans les 24 heures suivantes, la pluviométrie augmente de 15 mm. Ce phénomène s’est notamment déjà produit entre le premier et le deuxième éboulement », atteste la cheffe du service risques naturels.

Article issu du Dauphiné Libéré

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