Montagnard et marin, il se lance un double défi, sportif et solidaire. Aurélien Ducroz vise l’ascension de 82 sommets de plus 4 000 mètres dans les Alpes mais aussi le Vendée Globe, tour du monde à la voile en solitaire, en 2028.
Pour le Chamoniard, ce projet, baptisé “Cap Solidarité”, sert avant tout à servir une cause, le fonds de dotation “Je pars, tu pars, il part”. L’objectif est de faire partir en vacances, notamment à la montagne et à la mer, des familles en difficulté.
L’athlète de haut niveau en est le parrain depuis plusieurs années, connaissant très bien son fondateur et « entrepreneur engagé », Germain Lelarge.
« Il souhaite que plus de familles puissent bénéficier de ce programme mais il n’arrive pas à trouver des financements supplémentaires. En échangeant, nous avons alors pensé que mes projets sportifs pouvaient être mis au profit de cette action », nous a expliqué le Haut-Savoyard, juste avant de prendre le large pour participer à la Transat Café L’Or.
Objectif 4 000
Afin d’enchaîner les sommets à plus de 4 000 mètres, il aura le soutien d’une amie, l’Italienne Giulia Monego. Comme lui, la guide de haute montagne vient du monde du ski freeride. Il se donne jusqu’en 2029 pour les faire, soit une moyenne de 27 sommets par an à partir de 2026.
« Avec Giulia, qui s’occupera de la logistique, on n’a pas préparé de programme en avance car on s’adaptera à la météo », indique Aurélien Ducroz. À chaque sommet, 4 000 euros iront à la fondation. « C’est bien sûr symbolique car nous espérons lever les fonds en amont », précise le montagnard.
Un double défi solidaire
Le défi est de concilier ces ascensions avec sa préparation pour le Vendée Globe 2028 à bord d’un Imoca baptisé “Je pars, tu pars, il part”. « Nous avons beaucoup réfléchi sur comment faire. L’objectif n’est pas d’aller le plus vite possible mais de rendre le plus visible ce projet pour que les mécènes puissent nous rejoindre », insiste le Chamoniard.
Il espère surtout que cela permettra à plus de familles, qui n’ont pas les moyens, de passer « des moments ensemble » en vacances, notamment en montagne. Lui qui se dit « tellement chanceux » d’être né au pied du mont Blanc et d’avoir pu profiter d’un « extraordinaire environnement » durant toute son enfance.
Le fonds de dotation rappelle que, « chaque année, 40 % des Français et 52 % des familles avec enfants ne partent jamais en vacances ». “Cap solidarité” a pour objectif de donner une période d’évasion, chaque année, à « plus de 3 000 familles ». L’alpiniste-navigateur compte s’investir en allant les voir, en les invitant à s’initier à la voile ou leur faire découvrir la montagne.
Entre ciel et mer
« Ça sera un formidable levier pour amorcer le changement d’échelle de nos actions », espère Germain Lelarge. Il qualifie ce projet d’ « ambitieux », « innovant » et même « un peu fou ».
D’autant que le Chamoniard doit obtenir son sésame pour le Vendée Globe. « Il faut passer des courses qualificatives mais je suis confiant. il faut finir une fois dans les 150 % du temps du premier », sourit-il.
Lors d’une interview au Dauphiné Libéré il y a un an, il avait défini cette épreuve hors norme d’ « Everest des mers ». Il en « rêve depuis longtemps ». Ayant découvert la voile en 2008, avant même de décrocher ses deux titres de champion du monde de ski freeride, Aurélien Ducroz commence à être aguerri en mer.
Le 26 octobre, sur son monocoque Crosscall, il a pris le départ, avec Jonathan Chodkiewiez, de la Transat Café l’Or, au Havre, avant une arrivée prévue vers le 10 novembre en Martinique. Même en étant concentré sur les manœuvres à mener en plein océan, il gardera sûrement, en tête, ce défi à venir et ce « rêve » de donner l’occasion à des familles « de changer d’air ».
Renseignements sur le site jeparstuparsilpart.org
Article issu du Dauphiné Libéré