À l’heure de faire le bilan de 2025, Evgueni Korenev le reconnaît sans peine : l’année du Petit train de La Mure, qu’il dirige pour l’exploitant Edeis, « n’a pas été facile ». L’exercice a été marqué par plusieurs pannes, notamment de fin juin à début août, qui ont grandement pénalisé sa fréquentation. « On ne dépassera pas les 16 000 voyageurs cette année », traduit le responsable du site touristique, alors que 37 000 curieux avaient été transportés en 2024. Des chiffres en baisse constante depuis la réouverture en grande pompe de l’équipement, à l’été 2021 : 48 000 billets vendus en 2022, 42 000 en 2023, loin des ambitions initiales de 100 000 voyageurs annuels.
Dès lors, faut-il s’inquiéter pour son équilibre économique ? La question de son coût pour la collectivité revient régulièrement dans les débats, notamment au Département, qui a investi massivement pour le remettre sur les rails. Et qui en a confié la gestion, par délégation de service public, jusqu’en 2049 à Edeis. « Bien sûr, quand on perd plus de la moitié de notre fréquentation, on n’est pas bien, répond Evgueni Korenev. Mais il n’y a aucun risque pour l’emploi et l’objectif est clairement de rebondir en 2026 ».
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« Continuer à faire du Petit train un symbole vivant du patrimoine alpin »
Pour y parvenir, l’exploitant pourra compter sur une rame supplémentaire « de 5 voitures historiques du réseau d’origine, récupérée en 2024 à Saint-Georges-de-Commiers », ancienne gare basse de départ. Edeis pensait pouvoir compter dessus pour la saison 2025, « mais sa remise en conformité a pris plus de temps que prévu », précise son directeur de site. Elle permettra de transporter jusqu’à 201 voyageurs dans deux voitures fermées et trois ouvertes.
À terme, « on attend 4 ou 5 véhicules, historiques eux aussi, issus du même endroit », se réjouit-il. Ils devraient arriver en décembre ou janvier à La Mure, où une voie supplémentaire sera construite pour les stationner. Suivra un long travail de réhabilitation, « d’autant que certains sont classés monuments historiques : il y aura des procédures à engager avec l’État à ce sujet », anticipe Evgueni Korenev, qui donne rendez-vous « en 2027 ou 2028 » pour monter à bord. « Ces perspectives illustrent notre volonté de nous inscrire dans la durée et de continuer à faire du Petit train un symbole vivant du patrimoine alpin », conclut le responsable de site.
Deux week-ends d’exploitation sont prévus, les 6-7 et 13-14 décembre, avec des animations dédiées aux fêtes de fin d’année, si la météo le permet.
Article issu du Dauphiné Libéré


