Hadrien Lépée se tient à son père. Et ne le lâche pas. Juste le temps de faire quelques mètres entre la sortie de la télécabine des Villards à Arc 1 800 et la piste. Le jeune homme de 21 ans éprouve des difficultés à coordonner ses mouvements sans l’aide d’un tiers. Le Lyonnais en vacances aux Arcs est atteint d’un syndrome cérébelleux, une maladie génétique rare du cervelet dès la naissance. « Hadrien a des troubles de l’équilibre, une lenteur exécutive et des tremblements. Le handicap est moteur mais aussi cognitif », nous informe sa mère Caroline Lépée.
Bras dessus, bras dessous, père et fils rejoignent le bord de la piste. C’est ici que Joachim Maresma-Canals (*) les attend. À l’adresse d’Hadrien, ce bénévole de l’association Handi’Arcs lance : « Prêt à skier debout, champion ? » Le jeune homme esquisse un sourire à la vue d’une sorte de trottinette des neiges équipée de skis.
Une innovation qui change tout
Le prototype s’appelle Gotoski. « C’est une machine révolutionnaire qui permet aux utilisateurs avec une infirmité motrice cérébrale ou à mobilité réduite de se tenir debout et pratiquer le ski comme tous les valides », explique Joachim Maresma-Canals. Hadrien Lépée est équipé par son père. Clic, clac. Les skis sont chaussés. Ses mains se positionnent sur le guidon. Direction la première descente.
Sur les pistes, la Gotoski reproduit tous les mouvements d’un skieur. Hadrien Lépée dirige la trottinette avec son regard et les ondulations de son bassin. Le bénévole d’Handi’Arcs est toujours accroché au jeune homme. Mais, insiste Joachim Maresma-Canals, « la performance, c’est Hadrien qui la fait, pas moi. » D’où la prouesse.

Un parcours marqué par la persévérance
Longtemps, le jeune homme était cantonné au ski assis dans un siège handi. Son père Jérôme a même passé le brevet de pilote pour pouvoir emmener son fils sur les pistes.
« C’est l’an passé qu’Handi’Arcs est venu à notre rencontre en nous voyant avec notre siège. On nous a parlé de la Gotoski. Hadrien a voulu tout de suite tester », raconte Caroline Lépée. Selon la mère, les progrès de son fils sont significatifs. « On dirait que rien n’est difficile pour lui, car il ne renonce jamais », assure la maman.
Les pistes s’enchaînent. Les mouvements de la Gotoski s’affinent. Et le sourire d’Hadrien s’élargit. « Tu prends bien les virages et t’as les effets de la vitesse, c’est fabuleux ! », s’extasie le jeune homme. De quoi se sentir, selon ses mots, « comme un valide ».
(* ) Joachim Maresma-Canals est aussi correspondant local de presse pour Le Dauphiné Libéré.
Article issu du Dauphiné Libéré