Le salon Alpipro (23 et 24 avril à Chambéry), rendez-vous d’affaires de l’aménagement durable des stations et du marketing touristique en montagne, est aussi un tremplin pour les start-up innovantes. Zoom sur deux d’entre elles.
Comment prédire au plus juste les besoins en neige de culture, en fonction de l’environnement, de la météorologie et du milieu afin d’optimiser la consommation d’eau et d’électricité nécessaires à cette production ? L’enjeu, notable à l’heure du changement climatique, n’a pas échappé à Elda Technology. Cette jeune start-up toulousaine a structuré dans ce sens une solution d’analyse et de cartographie des domaines skiables.
Des drones pour optimiser l’enneigement
« Notre société est spécialisée dans le traitement des données par drone, résume Charlotte Brenac, co-fondatrice et responsable des fonctions opérationnelles, on scanne les domaines skiables grâce à des capteurs Lidar de très grande précision afin d’établir des cartographies 3D qui caractérisent les épaisseurs de neige, la surface et le volume. ». En fonction des résultats, précisément zonés, et de leur traitement, la société propose une programmation de production de neige au plus juste. Elle peut aussi suggérer des pistes d’amélioration (travaux de terrassement, reconversion de pistes trop “gourmandes”, etc.) ou servir d’aide à la décision (anticipation des risques d’avalanche).

Afin d’étayer et de valider ses solutions, Elda Technology collabore depuis sa création en janvier 2023 en lien étroit avec la station de Serre Chevalier : « Ils étaient déjà équipés de ce capteur et de ce drone, nous avons été chargés de développer une plateforme d’analyse des données. ». La société toulousaine, qui accompagne aussi Val Thorens, Le Grand-Bornand et Piau-Engaly (Pyrénées), planche encore sur d’autres pistes de développement, modèle prédictif de fonte des neiges ou intégration de logiciels dans des dameuses. « Embarquée, notre solution doit permettre aux dameurs de connaître en temps réel les épaisseurs de neige et de savoir où chercher, hors-piste, la neige disponible », explique Charlotte Brenac. Le secours en montagne pourrait aussi être intéressé pour la détection de personnes sous avalanche.
Pour développer ces nouvelles fonctionnalités, et accélérer son développement, Elda Technology envisage une levée de fonds d’ici la fin de l’année, qui devrait lui permettre de multiplier par huit son chiffre d’affaires (45 000€ aujourd’hui). Elle souhaite aussi capitaliser sur Alpipro pour élargir ses prospects auprès des stations, et tisser son réseau. « Nous cherchons des contacts dans les compétitions de freeride et de biathlon, car nous souhaitons aussi nous positionner comme un acteur majeur des JO », conclut Charlotte Brenac.
Skwatt, la recharge connectée et sécurisée
C’est une expérience malheureuse qui a poussé Elie Habermacher à créer sa société, Skwatt. « En 2023, j’ai loué ma maison sur Airbnb et j’ai découvert en revenant que le locataire avait rechargé sa voiture électrique sur une de mes prises, qui avait fondu, ce qui m’a coûté 500 €, plus 80 € de prélèvement d’électricité. » Entre les prises classiques, inadéquates et dangereuses, et les bornes de recharge chères et dédiées aux gros rouleurs, Elie imagine une solution intermédiaire, un boîtier avec carte électronique intégrée, séparé de la prise, qui permet de prélever du courant via une application web (QR code) et de se prémunir contre le vol. L’avantage majeur de cette Moneti-Box, outre sa sécurisation, est de rendre la prise renforcée aussi performante qu’une borne haut de gamme à un coût nettement moindre. Une solution idéale au quotidien : « Parmi 200 propriétaires de véhicules électriques rencontrés, les deux tiers rechargent chez eux sur des prises classiques. »

Basé à Strasbourg, Elie Habermacher devrait finaliser la phase de test en mai avant une livraison des premiers modèles cet été. La start-up vise d’abord le marché des hébergements touristiques, campings, gîtes et locations, et la montagne est dans le viseur : « Je suis fan de ski et je constate que malgré l’explosion des véhicules électriques et hybrides, il n’y a quasiment aucune borne de recharge en stations », conclut-il.
Article issu du Dauphiné Libéré