Sur le front de neige des Alberts à Montgenèvre, les groupes de ski nordique ont l’habitude de partir dans la plaine et parcourir les pistes du domaine Nordic Val Clarée. Tous les samedis matin, depuis trois saisons, un groupe de ski nordique adapté rejoint la communauté. Le ski club Montgenèvre Val Clarée s’est doté d’une section de para ski nordique, à l’initiative de Stéphanie et Alexandre Richard. Le couple, parent de Clément atteint d’autisme et membre de l’équipe de France de para ski nordique, encadre avec Élise sa fille de 15 ans, un groupe de skieurs en situation de handicap mental.
Au soutien, une monitrice stagiaire de 22 ans, briançonnaise et étudiante à Grenoble : Nima Meyer. Elle est la coache officielle de cette équipe d’une dizaine de sportifs, qui participera aux championnats de France de para ski nordique adapté du 12 au 15 mars à Saummand, en Haute-Savoie. « L’objectif, c’est de ramener le plus de médailles, et ça va être un moment sympa pour tout le monde », témoigne-t-elle. Samedi 14 février, sur la piste de la Plaine, Song-Hwa, Rayan, Loïc, Pauline et Vittoria ont skié pendant près de deux heures avec leur monitrice. Un moyen pour eux de faire une séance de sport et de progresser sur les skis, comme dans la vie.
« Ce qu’on a cherché en créant cette section, c’est de voir ce que le sport peut leur apporter dans leur vie quotidienne, explique Stéphanie Richard. Ils font beaucoup de choses eux-mêmes, ça développe leur autonomie. Ils sortent les skis du sac, les chaussent, apprennent à s’habiller correctement pour aller sur les pistes. » Et des progrès, ils en font. « L’an dernier, il nous fallait une heure pour faire le tour de la plaine et c’était difficile. Maintenant, on peut le faire plusieurs fois sans problème, se réjouit Nima Meyer. Nous sommes allés sur des pistes vallonnées, avec un peu plus de difficulté. On leur apprend aussi à skier seuls. »
C’est important pour l’autonomie des sportifs, mais aussi pour les compétitions auxquelles ils participent. Après les championnats Régionaux, ayant rassemblé une trentaine de skieurs, organisés quelques semaines plus tôt, l’équipe de Nima Meyer se prépare pour les Championnats de France. « Et je ne peux pas les accompagner sur le parcours malheureusement. » Ateliers sans bâtons, chenille collective, mini -courses, poussée simultanée, la séance est complète. Et tout le monde se régale.

« Chacun a ses spécificités, il faut s’adapter et j’apprends aussi avec eux », ajoute la monitrice, dont le cursus ESF nordique n’apporte pas de compétences adaptées aux personnes en situation de handicap. Elle détaille : « Song-Hwa ne sait pas gérer son rythme, ça fait partie d’elle, elle skie toujours à fond et rencontre des difficultés pour s’adapter à la vitesse des autres, précisent Nima Meyer et Alexandre Richard. Loïc a des problèmes de vue. Mais on ne sait pas distinguer leur ampleur, alors au début il n’arrivait pas à descendre. Mais il a beaucoup progressé et maintenant on peut en faire plus facilement. Pauline a une forme de paralysie sur un bras, ce qui l’empêche de pousser correctement sur les bâtons, Rayan est non verbal… Chacun a sa particularité. »
L’étudiante en master MEEF – métiers de l’enseignement de l’éducation et de la formation – premier degré à l’Université de Grenoble, ne se « voyait pas arrêter la section cette saison, après une année de césure où [elle] a pu consacrer beaucoup de temps ici. On s’y attache et c’est une belle expérience. » Il faut tout coordonner, entre le reste de sa formation de monitrice, les études et les cours de ski qu’elle donne pendant les week-ends et les vacances scolaires. « J’aime travailler avec les enfants, j’étais éducatrice au club d’athlétisme de Briançon et ça me plaisait beaucoup, comme les cours de ski, voilà les raisons pour lesquelles je veux devenir professeur des écoles. »
Article issu du Dauphiné Libéré