À 1h de Grenoble, cette station des Alpes propose de skier pour 10 € par jour

Quelques skieurs dévalent des pentes fraîchement enneigées en Belledonne : scène classique d’un samedi d’hiver en Isère. À y regarder de plus près pourtant, c’est un public bien particulier qui s’affaire sur les pistes de Grand Plan, station perchée sur les hauteurs de Crêts-en-Belledonne. Les bras chargés de poteaux bleus et rouges, ces hommes et ces femmes préparent le petit domaine skiable, géré – autre originalité – par le ski club du Barioz (SCB). Tous sont membres du club et, dernière précision utile, tous sont là bénévolement. Un fonctionnement atypique, qui caractérise Grand Plan depuis sa fondation, en 1974.

Le samedi 10 janvier, veille d’ouverture du domaine, ils étaient une vingtaine à se répartir les missions du jour : déneiger le tracé du fil neige, qui permet aux néo-skieurs de bénéficier d’une petite pente d’apprentissage, planter les jalons en bord des pistes, aménager la zone d’arrivée du téléski… C’est Maritchou Girault, secrétaire du ski club depuis 1983, qui cornaque tout ce beau monde : « On est une vraie petite entreprise, avec 110 bénévoles , 250 enfants accueillis par saison, et un budget de l’ordre de 90 000 € ».

Un ski bénévole

Fille d’une des familles fondatrices de la station, elle tient au « modèle économique solidaire » qui fait la force de Grand Plan : 10 € maximum la journée, 53 € le forfait annuel adulte, 62 € le stage de ski d’une semaine pour un enfant… « Notre club touche beaucoup de familles qui n’auraient pas les moyens d’aller ailleurs », assure-t-elle. Avec un avantage pour le club : « On capte des bénévoles et des compétences par l’investissement des parents d’adhérents ».

Mécanicien, maçon, menuisier, électricien… Chacun met son savoir-faire au service de la station. Il en est ainsi de Luc, paysagiste et élagueur, qui fait logiquement partie des personnes habilitées à monter sur les pylônes des téléskis pour les entretenir. « J’ai obtenu de mon entreprise qu’elle me prête du matériel pour planter les balises de limites du domaine », explique-t-il, une énorme perceuse dans les mains. Il est venu de Saint-Martin-d’Hères donner de son temps : « J’ai appris à skier ici, je suis là par passion et parce que je partage les valeurs du club ». Parmi les licenciés, son fils Tom, 12 ans, à ses côtés le samedi. Lui aussi a dévalé ses premières pentes au Grand Plan… et a déjà mis la main à la pâte. « J’ai commencé à aider à 6 ans, en portant du petit matériel, raconte l’adolescent. Je peux participer au graissage des perches du tire-fesses, descendre des matelas de protection en fin de saison… », illustre-t-il.

Maritchou Girault, secrétaire du ski club Barioz. Photo DL /Jean-Baptiste Bornier
Maritchou Girault, secrétaire du ski club Barioz. Photo DL /Jean-Baptiste Bornier

« Les jeunes doivent reprendre le flambeau après nous »

Autre parent investi, Christophe, pourtant « pas du coin à l’origine ». Installé dans le Grésivaudan depuis une dizaine d’années pour raison professionnelle, « et par amour de l’escalade, » il a découvert le SCB par hasard. Venu skier alors que ses deux fils étaient en bas âge, « on m’a proposé de garder le plus jeune au chalet d’accueil, et d’intégrer le second dans un groupe d’apprentissage : j’ai été bluffé et je me suis dit que c’était là qu’il fallait venir ». Depuis, il a convaincu son entreprise de sponsoriser le club, dont il gère le pôle compétition.

L’un de ses fils vient d’ailleurs de valider un premier diplôme en vue de devenir moniteur. Il pourrait donc bientôt encadrer des stages au Grand Plan, pour le plus grand bonheur de son papa : « L’idée, c’est aussi que les jeunes reprennent le flambeau après nous, car c’est un chouette endroit à faire vivre ».

Le domaine
  • Fondé en 1974
  • Ouverture les week-ends, jours fériés et en vacances scolaires, selon l’enneigement
  • Deux téléskis, un fil neige
  • Cinq pistes : deux bleues, une verte, une rouge, une noire (non damée)
  • Front de neige à 1 365 m, haut du domaine à 1 700 m
  • Toutes les infos pratiques sur skiclubdubarioz.fr ou sur la page Facebook éponyme
François déneige l’aire d’arrivée du téléski, à 1 700m d’altitude. Photo DL/Jean-Baptiste Bornier
François déneige l’aire d’arrivée du téléski, à 1 700m d’altitude. Photo DL/Jean-Baptiste Bornier

« On a tout des grandes stations »

L’ouverture du Grand Plan consacre un investissement de plusieurs mois pour les bénévoles. « Tous les samedis depuis la fin septembre, on a entre 15 et 25 personnes sur site », estime Maritchou, la secrétaire du ski club. Débroussaillage des cinq pistes, maintenance des deux téléskis, entretien de la dameuse et des canons à neige, installation des matelas et filets de protection… Rien n’est laissé au hasard.

En coulisses aussi, il faut abattre un gros travail administratif avec les demandes de subventions, les mises à jour réglementaires, les échanges avec le STRMTG, l’organisme de contrôle des remontées mécaniques, qui mène des audits inopinés pour vérifier la sécurité des installations. « On a tout des grandes stations, même si on est tout petit », plaisante la secrétaire.

Une fois le domaine ouvert, plusieurs équipes d’une dizaine de bénévoles se relaient les week-ends, vacances scolaires et jours fériés – les périodes d’ouverture de Grand Plan – pour l’exploiter : conduite des téléskis, vente de forfaits, tenue de la buvette et de la restauration rapide. Une organisation millimétrée, à découvrir depuis le dimanche 11 janvier, donc.

Article issu du Dauphiné Libéré

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