Sans Arles, la plus grande commune en France serait… cette station de ski

La devinette  :

C’est une station de sports d’hiver connue pour ses 125 km de pistes, ses fromages d’alpage et ses sentiers de randonnée dans le Parc national de la Vanoise. Une station où l’on peut croiser aussi bien des bouquetins que des vététistes, où l’histoire a vu passer Hannibal et ses éléphants, Charlemagne et même Napoléon.

Un indice : son territoire couvre 408 km². Oui, vous avez bien lu. C’est plus vaste que Malte tout entier, et à peine plus petit que la principauté d’Andorre. Située aux portes de l’Italie, elle est aussi traversée par une histoire géopolitique mouvementée. Vous l’avez ?

Une commune née en 2017

La réponse, c’est Val-Cenis. Depuis le 1er janvier 2017, la commune est née de la fusion de cinq villages : Bramans, Sollières-Sardières, Termignon, Lanslebourg-Mont-Cenis et Lanslevillard. Une superficie de 408,05 km², ce qui en fait la seconde commune la plus vaste de France métropolitaine, derrière Arles (758,9 km²).

Cette fusion a donné naissance à un territoire presque unique en France. L’altitude varie de 1 194 mètres à 3 855 mètres et englobe des paysages extrêmement variés : prairies sèches, forêts alpines, glaciers, plateaux d’altitude, cols stratégiques… Un véritable petit pays à lui seul…

Un territoire immense et contrasté

Val-Cenis est perchée entre les massifs de la Vanoise et du Mont-Cenis, au cœur de la Haute-Maurienne. Cette position frontalière lui confère une géographie étonnante : d’un côté, un adret sec et chaud, baigné de soleil ; de l’autre, un ubac humide et froid qui favorise le développement d’un biotope fragile. On surnomme même la zone « l’îlot de sécheresse » de la Haute-Maurienne.

Le territoire abrite une flore rare, parfois unique en France. Grâce à l’altitude, aux contrastes climatiques et à l’effet de foehn, certaines espèces se sont adaptées à des micro-environnements très spécifiques. C’est le cas de la bruyère des Alpes, présente du monolithe de Sardières à Lanslebourg, ou encore de la violier du Valais, une plante endémique.

Les forêts de mélèzes, de pins à crochets et de pins cembros (appelés localement arves ou arolles) sont, elles, protégées dans le cadre du programme Natura 2000. Ces pins cembros, emblématiques des Alpes, ont façonné l’histoire locale : leur bois, tendre et résistant, est encore aujourd’hui utilisé pour la sculpture traditionnelle savoyarde, un artisanat recherché par les visiteurs.

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Un record renforcé par… la Seconde Guerre mondiale

L’immensité de Val-Cenis ne vient pas seulement de la fusion des cinq communes. Une partie de son territoire est en réalité le résultat d’un gain de souveraineté obtenu après la Seconde Guerre mondiale.

En 1947, le traité de Paris modifie la frontière franco-italienne. La ligne est repoussée au-delà du partage des eaux, et la France récupère 81,79 km² de terres autrefois italiennes. Cela inclut les cols du Mont-Cenis et du Petit Mont-Cenis, le plateau du Mont-Cenis et le haut du val Cenise jusqu’à la plaine de Saint-Nicolas.

Ces zones, aujourd’hui intégrées à Val-Cenis, étaient stratégiques pour le passage entre la Savoie et le Piémont.

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