En flânant dans les rues de Chamonix, le promeneur remarque vite un même nom sur les façades. Une avenue, une boutique de sport, la salle de spectacle, un nom revient encore et encore : Michel Croz.
Laissez le centre-ville derrière vous, remontez la vallée jusqu’au hameau du Tour, le plus haut de la commune. Là, dans ce village accroché aux alpages, naquit le 29 avril 1830 Michel Auguste Croz, fils d’un paysan-cordonnier. C’est ici qu’il a grandi, avec son frère Jean-Baptiste (également resté dans l’histoire de l’alpinisme), avant de devenir l’un des guides les plus réputés d’Europe. Deux siècles plus tard, son nom orne toujours les façades et les plaques de rue.
Mais pourquoi ce chamoniard inspire-t-il encore autant d’admiration, et d’où vient ce surnom de « prince des guides » ?
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus Facebook (plus d'informations)
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
Celui qui a enterré le « Mont Iseran »
C’est l’un des premiers faits d’armes qui a propulsé Michel Croz dans l’histoire de l’alpinisme.
À l’été 1859, l’Anglais William Mathews part en Tarentaise pour élucider une énigme cartographique : l’existence supposée d’un « mont Iseran » culminant à plus de 4 000 m. Les habitants n’en connaissent que le col reliant Tarentaise et Maurienne mais les cartes officielles (du royaume de Sardaigne) perpétue l’idée d’un sommet comparable au mont Blanc depuis des lustres.
L’année suivante, Mathews revient, cette fois accompagné de Michel Croz et d’un porteur. Le 5 août 1860, ils gravissent ensemble la Grande Sassière. Depuis ce belvédère, aucun sommet géant ne se profile à l’horizon. Le rapport présenté ensuite à l’Alpine Club enterre définitivement le mythe du mont Iseran, et que l’appellation locale de Mont-Iseran ne désigne que le col, ce grâce à l’expédition menée par Croz.

Premières ascensions historiques et âge d’or de l’alpinisme
Les années suivantes confirment l’exceptionnelle maîtrise du guide chamoniard. Il signe la première ascension de la Grande Casse en 1860, puis enchaîne le mont Gelé, le Castor (4 200 m), le mont Viso et le mont Pourri en 1861. Sa rencontre avec l’Anglais Edward Whymper et le Bernois Christian Almer ouvre une période décisive. Ensemble, ils réalisent une série impressionnante de premières : brèche de la Meije, barre des Écrins, col du Triolet, mont Dolent, aiguille d’Argentière, Grandes Jorasses, traversée du col du Dolent. La décennie 1860 devient l’âge d’or de l’alpinisme, et Croz en est l’un des acteurs majeurs

Une mort devenue légendaire
L’épopée s’achève tragiquement le 14 juillet 1865. Ce jour-là, Whymper tente enfin le Cervin avec une cordée de sept hommes guidée par Michel Croz. L’ascension est une réussite, mais la descente tourne au drame. Un faux pas de Douglas Hadow entraîne Croz, Lord Francis Douglas et Charles Hudson dans une chute fatale.
Le guide chamoniard meurt à 35 ans, laissant Whymper reconnaître plus tard : « Sans Croz, je n’aurais probablement jamais atteint le sommet du Cervin »