Attention aux névés ! Ces plaques de neige qui persistent au printemps en montagne

Ce week-end, la préfecture de Haute-Savoie a lancé un appel à la vigilance adressé aux randonneurs : « Une grosse quantité de neige est encore présente sur les sentiers de moyenne montagne. Les conditions de regel en montagne sont bonnes. Les randonneurs doivent anticiper les névés (plaques de neige) qui subsistent et qui peuvent couper les sentiers. Traverser un névé n’est pas anodin. Les risques de glissade peuvent devenir dramatiques si la chute se termine dans blocs rocheux ou au-dessus de barres rocheuses. Un bon équipement est indispensable. »

Vous l’avez compris, avec l’arrivée des beaux jours, les sentiers de montagne redeviennent accessibles et invitent à l’exploration mais le névé peut venir perturber votre sortie, voire la rendre dangereuse. Présent dès les premiers mètres d’altitude au printemps, il est parfois sous-estimé par les randonneurs. Apprenons à mieux le connaître pour mieux s’en méfier.

C’est quoi, un névé ?

Un névé, c’est une portion de neige qui a survécu à l’hiver. Contrairement à la neige fraîche et poudreuse que l’on connaît en hiver, le névé est une neige vieillie, tassée, durcie, souvent gelée en surface. Il se forme là où la neige s’est accumulée en grande quantité, ou là où le soleil ne chauffe que très peu. Résultat : il peut rester en place jusqu’en été, parfois même plus longtemps selon les années.

Où trouve-t-on des névés au printemps ?

Les névés sont partout où la neige a eu du mal à fondre :

  • sur les versants nord, à l’ombre ;
  • dans les combes, creux et cuvettes où la neige s’accumule ;
  • sur les hauteurs (souvent à partir de 1800-2000 m, mais parfois plus bas selon l’exposition) ;
  • sur les anciens glaciers ou les zones à enneigement tardif ;
  • en travers de sentiers, surtout ceux exposés à des pentes.

 

Vous pouvez donc tomber sur un névé en plein milieu d’un sentier bien dégagé par ailleurs. Un piège potentiel si l’on n’est pas préparé !

Photo Le DL/Denis Masliah
Photo Le DL/Denis Masliah

Pourquoi les névés sont-ils dangereux ?

De loin, un névé peut sembler anodin. Pourtant, il cache plusieurs risques pour les marcheurs :

  1. La glissade : la surface est souvent gelée, surtout le matin. Une chute peut rapidement se transformer en glissade incontrôlable, surtout si la pente est prononcée.
  2. Le vide en dessous : certains névés recouvrent des torrents, des trous, ou des cavités. Ils peuvent céder sous le poids d’un randonneur, entraînant une chute dans le vide.
  3. Des passages rendus impraticables : un sentier barré par un névé peut devenir dangereux à franchir sans équipement adapté. Forcer le passage peut mener à l’accident.
  4. L’effet de surprise : en début de saison, on ne s’attend pas à marcher sur la neige. L’impréparation est souvent à l’origine des accidents.

 

Comment savoir si un névé est risqué ?

Voici quelques conseils simples pour évaluer le danger :

  • Regardez la pente : plus elle est raide, plus la glissade sera rapide et difficile à arrêter.
  • Observez ce qu’il y a en dessous : rochers, ravins, torrents ? Si une chute peut avoir des conséquences graves, mieux vaut renoncer.
  • Testez la neige : si elle est dure comme de la glace, sans prise pour les chaussures, il y a un vrai risque de glisser.
  • Évaluez la taille : un petit névé de quelques mètres peut se franchir prudemment. Un long névé en dévers demande du matériel ou un autre itinéraire.
  • Observez les traces : s’il y a des traces visibles et qu’elles ne partent pas en glissade, c’est plutôt bon signe. Mais ce n’est pas une garantie.

Photo Le DL/Denis Masliah
Photo Le DL/Denis Masliah

Comment se protéger face aux névés ?

Quelques gestes simples pour rester en sécurité :

  • S’équiper : dès qu’une sortie peut rencontrer des névés, emportez une paire de petits crampons (type « crampons de rando »), des bâtons pour l’équilibre, et si besoin un piolet pour s’assurer dans les passages les plus exposés.
  • Anticiper l’itinéraire : renseignez-vous sur les conditions d’enneigement (refuges, topos, forums, applis). Les névés sont souvent signalés au printemps.
  • Choisir le bon moment : le matin, la neige est plus dure et plus glissante. L’après-midi, elle ramollit mais peut devenir piégeuse si elle recouvre des cavités.
  • Savoir renoncer : si le passage est trop dangereux, ne prenez pas de risque. Un demi-tour vaut mieux qu’un accident.

 

Le névé n’est pas juste un reste de l’hiver. C’est un élément à part entière du paysage montagnard de printemps. Mieux vaut le connaître, le repérer, et savoir comment réagir face à lui pour profiter de la montagne en toute sécurité.

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