Durées sur les panneaux de randonnée : comment sont-elles calculées et sont-elles fiables ?

Il y a ceux qui mettront plus de temps. Et d’autres moins. C’est le cas de Margot et Théo. Le jeune couple de Lyonnais inspecte le panneau jaune au départ de la randonnée vers le lac de la Plagne depuis Rosuel, porte d’entrée du Parc national de la Vanoise au bout de la vallée de Peisey-Nancroix. Temps de trajet affiché jusqu’au refuge d’Entre-le-Lac : trois heures. « Je pense qu’on le fait en deux heures et demie », sourit Théo. En randonneur aguerri, le Lyonnais a l’habitude d’être plus rapide que ce qui est écrit sur les panneaux. Mais alors, comment sont calculés les temps de parcours ?

Sortez vos calculettes. Le problème est le suivant : soit un randonneur, cette fois fictif, qu’on appellera Paul. Paul se rend de temps en temps en montagne pour marcher. Aujourd’hui, il a décidé de randonner de Rosuel au refuge d’Entre-le-Lac, soit 6,3 kilomètres pour 611 mètres de dénivelé. Il marche à une vitesse de quatre kilomètres par heure sur du plat. Jean-Luc Crambade, président du comité départemental des clubs alpins et de montagne Savoie, ajoute une donnée essentielle au problème posé : « On estime qu’un randonneur moyen monte 300 mètres de dénivelé par heure ». À l’inverse, on estime qu’un randonneur moyen descend 450 mètres par heure.  

« Cela fonctionne mais pour un randonneur moyen »

Le calcul, c’est la Fédération française de randonnée (FFR) qui le réalise. Il suffit d’entrer la distance et le dénivelé dans un tableur numérique que la section savoyarde de la FFR nous a confié. Un simple produit en croix donne le résultat de trois heures et six minutes pour la randonnée de Paul. Soit peu ou prou le temps inscrit sur le panneau au départ de la randonnée. « Cela fonctionne mais pour un randonneur moyen », nuance Jean-Luc Crambade.

En d’autres termes, un randonneur plus expérimenté mettra moins de temps et inversement pour un novice. « Puis cela dépend du terrain. S’il est accidenté, l’ascension sera plus longue et ça, les algorithmes ne peuvent pas le prévoir », s’amuse le président des clubs alpins français de Savoie.

Des baliseurs pour vérifier

D’où la présence de randonneurs sur le terrain pour vérifier l’exactitude des temps donnés. « La FFR dispose d’un réseau de bénévoles appelés des baliseurs à qui l’on dispense une formation de deux jours pour leur expliquer la charte de calcul des temps de randonnée », explique la FFR Savoie. En cas de temps non conforme, « les baliseurs font remonter l’incohérence à la fédération qui se charge d’informer le Conseil départemental de Savoie. »

Derrière, les corrections ne sont pas toujours automatiques. Selon la FFR Savoie, « les panneaux sont installés par les collectivités territoriales, communes ou intercommunalités, ou des entités comme le Parc de la Vanoise ». Ainsi, d’un territoire à l’autre, les temps ne sont pas les mêmes. La fédération savoyarde note que dans la vallée des Allues et des Belleville, les temps indiqués sont plus longs que les temps réalisés. L’inverse est observé à certains endroits réputés difficiles en cœur de Parc de la Vanoise. En somme, un vrai casse-tête.

Article issu du Dauphiné Libéré

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