Avec son drone, il modélise en 3D la Cime Caron à Val-Thorens : à quoi cela va-t-il servir ?

Francisco Sigwald est un passionné. De drone et de freeride. « J’ai fait quelques pentes à 50° d’inclinaison dans le Mont Blanc. Mais maintenant, j’ai deux gamins », tempère l’Argentin d’origine, en France depuis 2014. Si la crise économique dans son pays l’a empêché d’accomplir son rêve d’enfance (architecte), elle lui a appris à se débrouiller et faire de la France une terre d’opportunité : cuisinier, charpentier, accompagnateur en montagne et désormais télépilote de drone (avec sa société Andalpina, créée cette année), Francisco a eu autant de métiers qu’il parle de langues.

« Accompagnateur en montagne, je faisais des images en drone pour mes clients. J’ai passé la certification professionnelle pour faire de la photogrammétrie et de la topographie, et modéliser en 3D les montagnes, les voies d’escalade… Ça se rapproche de l’architecture. Avec de gros drones, de très haut de gamme, j’arrive à sortir des modèles centimétriques, presque millimétriques. Une précision incroyable, innovante », avoue-t-il.

« Pourquoi ne pas sortir un modèle 3D d’une face ? »

Plus précis qu’en avion ou satellite. Mais il lui manquait un sujet en montagne à traiter l’hiver. Son intérêt pour le freeride l’a poussé à entrer en contact avec des riders professionnels comme Wadeck Gorak. « Ils préparent leur trace à la jumelle, alors pourquoi ne pas sortir un modèle 3D d’une face ? Pour montrer les possibilités du drone, donner de la visibilité, apporter une vision technique et… voir les réactions ».

Son choix s’est porté sur la Cime Caron, théâtre de la seule étape en France du Freeride world tour (du 24 au 29 janvier 2026 à Val Thorens). Francisco Sigwald est déjà monté par deux fois au sommet, avec son matériel, via le téléphérique, pour modéliser la partie sommitale. « J’ai l’habitude de la montagne, mais ce n’était pas facile, même plutôt stressant avec les courants ascendants, le froid et le vent, explique le télépilote. Réglementairement, le drone ne doit pas être à plus de 120 mètres de haut. La mission a été préparée avec un scan IGN dont j’ai incorporé les données dans la planification. Le suivi du terrain a pu se faire en automatique. Il n’y a qu’à l’approche des câbles des remontées qu’il a fallu piloter en manuel. Le drone n’a jamais décollé à plus de 80 mètres de la surface. »

Francisco Sigwald. Photo Le DL/Valentin Dizier
Francisco Sigwald. Photo Le DL/Valentin Dizier

« On voit jusqu’aux traces des animaux »

La partie terrain terminée, Francisco a rangé son DJI matrice 350 RTK, doté d’une nacelle (pour le calcul de position via le réseau RTK) et d’un parachute, une “bête” d’une dizaine de kilos et plus de 35 000 euros. « J’utilise toujours le parachute : avec les deux batteries lithium, il y a un risque d’incendie. » La suite se déroule à son bureau d’études à Chambéry. « Sans le logiciel et un bon ordinateur, tu ne fais rien. » Grâce à un investissement conséquent, en trois heures, il obtient un rendu en 3D magnifique, avec des relevés excellents.

« On voit jusqu’aux traces des animaux, souligne-t-il. Les images permettent une lecture réelle de la pente et de la qualité de la neige, voir où il y a des rochers, les accumulations de neige, où et comment ça a soufflé… En plus du BRA, c’est un outil qui apporte beaucoup aux professionnels de la montagne. Avec la technologie actuelle, des accidents sont évitables. Suivre la trace de quelqu’un ne suffit pas. » Francisco Sigwald prépare une application avec un mapping des principales faces des stations. « C’est un terrain vierge, on peut pousser ce sujet plus loin. »

Article issu du Dauphiné Libéré

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