« Ça va déjà mieux que Thomas Sotto. » L’infirmerie fait le plein à la rédaction de RTL. Ce n’est pas Anne-Sophie Lapix qui démentira, relativisant son sort, en pensant à son confrère qui, d’habitude, tient l’antenne de la matinale à l’autre bout de la grille. « Il m’a largement battu question blessure. » L’infortuné a été victime d’une chute à vélo, la faute à un vulgaire nid-de-poule. Quant à elle, l’accident fleure bon l’épopée. C’est la terrible face de Bellevarde, redoutable piste noire de Val d’Isère, théâtre du Critérium de la première neige, souvent glacée, qui a été fatale à la journaliste aux commandes de RTL soir. Et ça ne l’a pas empêchée de reprendre l’antenne.
« C’était le 2 janvier, dernier jour des vacances, dernière descente. Je suis tombée, je n’ai pas déchaussé et ma jambe est restée derrière moi. » Dans son malheur, la blessée a pris le temps de se fendre d’un message sur Instagram le soir même, sans se départir de sa bonne humeur proverbiale : « Bonne année… Et surtout la santé ! » Qu’importe l’entorse au genou, et sa jambe gauche immobilisée dans une attelle.
Avis d’expert, la pro de l’info était bien assurée avec son carré neige qui dispense d’avancer les frais de secours. Et ils chiffrent vite sur le domaine skiable. « Les gens ne le savent pas forcément, les pisteurs secouristes m’ont d’ailleurs rappelé qu’il ne fallait pas hésiter à le dire. Ils ont été charmants. Et l’expérience de la descente en barquette, la tête en bas, restera un grand souvenir. »
Un dernière descente qui tourne mal
Du genre dure au mal, comme Lindsey Vonn, Anne-Sophie Lapix est vite revenue en piste, enfin en studio. Retrouvant ses fonctions, nouvelles depuis septembre. La femme de télévision a trouvé, à 53 ans, une seconde jeunesse sur RTL, entre 18 et 20 h, du lundi au jeudi. « Je n’avais jamais fait de radio, je trouve l’exercice exaltant, je continue d’apprendre. » Elle qui avait tendance à préparer rigoureusement ses conducteurs, peut davantage céder à l’improvisation. « La radio offre cette convivialité. On parle aux gens et sans le support du visuel, il faut redoubler d’imagination pour décrire les images de l’actualité. » Et il y a ce ton plus libre, qui lui va bien. « En télé tout est cadré, écrit, chaque mot peut susciter une avalanche de commentaires. »
Ce matin où elle nous répond, c’est vendredi. En temps normal, elle enregistre sa grande interview hebdomadaire pour le 20h10 de M6, chaque dimanche soir. Mais en cette entame de février, le sujet a été enregistré la veille. Anne Sophie Lapix est off. Son chat Atxoum, – comme le nain de Blanche Neige version basque – perturbe son petit-déjeuner.
Elle a la convalescence joyeuse, malgré une petite rechute en kiné, et ne se fera pas opérer pour retrouver un LCA (ligament croisé antérieur) tout neuf. Sportive, elle avait pourtant bien préparé son séjour et son physique. « Je fais beaucoup de natation, d’équitation, et de la gym à la maison ». Quel genre de skieuse est-elle ? Offensive à la manière de ses interviews qui ménagent rarement les politiques ? « On dit que je suis une skieuse qui s’engage. Je ne suis pas très bonne, mais j’aime bien être en force. À une époque, je participais aux compétitions entre journalistes et j’allais au bout de mes limites. » On l’a vue triompher non pas à Cortina ou Madonna di Campiglio mais sur le slalom du Mont-Blanc des médias à Saint-Gervais. C’était il y a… 18 ans.

Des Pyrénées aux grandes stations alpines
La native de Saint-Jean-de-Luz a naturellement commencé dans les Pyrénées, à quatre ans. À Gourette, sous le col d’Aubisque, c’était les week-ends en famille. « Une station très festive. Au début j’ai eu du mal à comprendre le concept d’aller dans le froid. Ma sœur était une véritable bombe. Moi j’étais terrifiée par un tire-fesses raide, le Grand Cotch qui me faisait décoller. Un jour j’ai fait un tour sur moi-même. » Il y avait aussi La Mongie pour les classes de neige, près du Tourmalet. Aujourd’hui, elle skie encore un peu dans ses chères Pyrénées, mais côté espagnol, à Baqueira, la station du roi.
Sinon la star de l’info prend de la hauteur dans les Alpes où, chaque hiver, elle ne déroge pas à sa traditionnelle semaine de ski. On l’a vue à la Plagne, Peisey, Avoriaz et… Val d’Isère. Sans rancune pour la station qui l’a vu choir, mais avec un bémol. « Les arbres me manquent et j’aime bien skier en forêt ».

Une vocation née au pied des montagnes
Val, le domaine de son ami et compatriote basque, le footballeur Bixente Lizarazu, féru de freeride , avec lequel elle rivalise chaque été sur les réseaux sociaux à qui fera la photo du plus beau coucher de soleil sur l’Atlantique. N’a-t-elle jamais été tentée de le suivre ? « Je n’ai pas le niveau, il est hyper fort et moi je ne fais pas de hors-piste. Imaginez la tête de mon genou si je le suivais. En attendant je vais peut-être me mettre aux raquettes. »
Les Alpes, c’est aussi le lieu où sa vocation professionnelle a pris un virage. Elle avait 24 ans, à Annecy, sur TV8 Mont-Blanc, la chaîne des pays de Savoie. Alors élève au Centre de formation des journalistes, en stage avec la spécialité “télé”, elle présente son premier journal. « Ce jour-là, le titulaire ne s’est pas réveillé. Le rédacteur en chef m’a demandé de le remplacer au pied levé. Ce n’est pas un très bon souvenir. Je déteste me revoir : pas prête, pas maquillée, le cheveu gras, une tête de poisson-lune. Une image atroce ». Le chef de la rédac n’était autre que Germain Dagognet, fils de philosophe et inventeur de la célébrissime “Place du Village” qui sera son futur patron à ses débuts sur LCI.
Aujourd’hui, Anne-Sophie Lapix a tourné la page du 20 h de France 2 et ne livrera aucun commentaire sur la prestation de Léa Salamé qui lui a succédé non sans péripéties. L’ex présentatrice de Zone Interdite ne regrette pas son retour dans le groupe M6 qui entend valoriser sa présence. On la verra animer les municipales en mars. Et petit scoop : elle travaille sur un concept “événementiel” qui pourrait sortir d’ici septembre prochain.
Article issu du Dauphiné Libéré