Jean-Pierre Darroussin : « Dans le Vercors, on a l’impression qu’un diplodocus va sortir d’une forêt »

Megève était déjà Megève, mais à cette époque-là, au début des années 60, dans la station des Rothschild, on ne croisait pas encore Jackie Kennedy, Dalida, Johnny, Sardou ou même Delon et Romy. La Haute-Savoie cuisinait déjà la raclette et Megève attendait son gratin.

Et à côté des chalets, des soirées de la baronne, la station accueillait même des colonies de vacances. Avec en comité d’accueil, les sales gosses du coin qui ne rataient jamais les Parisiens : « Parigot tête de veau ! » Des colonies de vacances pour des gamins de Courbevoie notamment, qui venaient découvrir le ski.

Jean-Pierre Darroussin en faisait partie : « Au chalet des Bartavel ! » Et on ne peut pas dire qu’il en garde de très bons souvenirs. « Je tombais tout le temps, je trouvais ça horrible et je détestais être à la neige. » Au suivant.

« Ça n’allait pas si mal dans les bosses, même sur les pistes noires »

Et pourtant, 60 ans plus tard, à l’autre bout du fil, le comédien en sourit. Ce n’était sans doute pas si terrible car, depuis, il est revenu régulièrement à la montagne et même au ski. « En jeune homme d’abord. Avec des camarades, on partait assez régulièrement à Châtel (Haute-Savoie). J’étais devenu beaucoup plus téméraire sur les pistes. » Mais toujours aussi sobre dans les tenues, pas de couleur flashy, jamais : « Je skiais en jeans avec des guêtres pour pouvoir aller dans la poudreuse. Sérieusement, j’ai vraiment appris à skier. »

On l’a d’ailleurs vérifié quelques années plus tard lors du Festival du film d’humour à l’Alpe d’Huez, avec photo à l’appui. « Une championne du monde nous avait emmenés (Ophélie David peut-être ?) sur les pistes. On était tout un groupe et on avait essayé de la suivre. De temps en temps, ils ont bien été obligés de m’attendre mais pas tant que ça en fait. Ça n’allait pas si mal dans les bosses, même sur les pistes noires. »

Jean-Pierre Darroussin. Photo Le DL/Norbert Falco
Jean-Pierre Darroussin. Photo Le DL/Norbert Falco

« Un endroit pas mal où il faisait très froid… »

Tranquille ? « Peut-être pas mais disons que je suivais, ce qui n’était pas le cas de tout le monde ». Des noms ? « Je ne balancerai pas, il y en avait d’autres en revanche qui skiaient bien mieux que moi, Guillaume Canet notamment. »

Le mauvais souvenir de l’enfance est effacé. « Je suis même retourné skier avant le confinement malgré mon âge avancé (rires). C’était où déjà ? » Il cherche un peu… « Un endroit pas mal où il faisait très froid… » Mais encore… « C’était comment déjà ? Les Menuires ! » Bon choix.

« On n’a pas le droit de faire du ski quand on est acteur »

On ne vous mentira pas, Jean-Pierre Darroussin est plus souvent monté sur les planches des théâtres que sur les pistes. « Vous savez, on n’a pas le droit de faire du ski quand on est acteur, cela fait partie des activités à risques. Ce n’est pas recommandé. Et si vous êtes en tournage et que vous avez un accident, c’est pour vous. »

De la scène au cinéma, le comédien s’est fait un nom, un grand nom, chez Klapisch, Bacri-Jaoui ou encore Guédiguian dont il est devenu une figure. Jean-Pierre Darroussin fait même partie de ces rares acteurs qui nous rappellent qu’un second rôle peut crever l’écran.

« Il faisait tellement froid que les caméras de l’époque avaient gelé »

Le cinéma l’aura aussi entraîné en montagne, dans les Pyrénées (on pense au film des frères Larrieu) mais aussi dans les Alpes en Suisse pour le tournage de L’amour en deux du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta. « On était à Chateau-d’Oex et un jour de tournage en haute altitude dans une vallée plein nord, il faisait tellement froid que les caméras de l’époque avaient gelé. Impossible de tourner. La caméra avait refusé pour nous. »

Cette montagne qui l’attire toujours pourtant. « J’aime beaucoup marcher en montagne, j’ai même fait quelques expériences dans ma vie assez intéressantes du côté de la vallée de la Clarée. J’ai passé une semaine dans un refuge à 2 400 mètres. Quand, le matin, il faut se lever et prendre la pelle pour déblayer ce qui est tombé dans la nuit et se faire un couloir dans la neige… » Pour un tournage ? « Non, comme ça, je connaissais quelqu’un qui louait cet endroit. Le soir quand on s’endort là-haut, c’est comme si on était en plein milieu de l’océan, sans personne. Il y avait un silence absolument total. La neige qui recouvre tout, ça peut être un peu angoissant mais j’ai bien aimé. »

Comme les randonnées en raquettes ou même l’été. « Je me souviens du plateau du Vercors, la nature y est extraordinaire. On a même l’impression qu’un diplodocus va sortir d’une forêt. » Bien dit.

Jean-Pierre Darroussin vient de terminer un film avec Robert Guédiguian avant, fin janvier, de retrouver la scène pour Dans le couloir, une création de pièce de Jean-Claude Grumberg au théâtre Hébertot à Paris, avec Christine Murillo.

Fin janvier ? Alors que c’est l’une des meilleures périodes pour skier…

Photo Flickr/James St.John
Photo Flickr/James St.John

Article issu du Dauphiné Libéré

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