Ce refuge perché dans les Écrins en appelle à « la solidarité montagnarde » pour se moderniser

Situé sur les hauteurs de Saint-Christophe-en-Oisans, à près de 2 700 m d’altitude, le refuge de la Selle (75 couchages, dont 12 non gardés) est confronté depuis plusieurs étés à un approvisionnement en eau irrégulier, provenant de torrents de montagne qui subissent les effets du réchauffement climatique.

« Il n’y a pas forcément moins d’eau, mais les variations sont beaucoup plus élevées que précédemment », explique Christian Utzmann, président de la Société des touristes du Dauphiné, propriétaire du refuge. « Les débits peuvent être très importants, comme à l’été 2024, ou, au contraire, marqués par des épisodes de sécheresse, comme à l’été 2025. » Ses sources taries, le refuge avait dû fermer le 12 août dernier , un mois avant la fin initialement programmée de sa saison estivale.  

La STD envisage ainsi de « l’adapter au nouveau contexte climatique », en « captant et stockant mieux les eaux et en limitant sa consommation, via une filière d’assainissement avec des WC secs par exemple », illustre son président. Des travaux d’ampleur qui vont « transformer le bâtiment » et qui consisteront aussi en une meilleure isolation d’un édifice, « sur lequel le temps a fait son œuvre depuis sa dernière rénovation, en 1997 ».

40 000 euros espérés

Les espaces réservés au gardien seront aussi optimisés. Les accès et l’espace sur place étant contraints, la STD va engager des études techniques et de faisabilité, qu’elle espère faire mener cet été. « Idéalement, on aura une visibilité sur le projet final à l’hiver prochain », anticipe Christian Utzmann.  

Pour financer ces études, estimées à 40 000 euros, l’association compte sur « la solidarité montagnarde » : elle a lancé un appel aux dons , ouvert jusqu’à fin avril. « Notre situation financière est difficile », reconnaît le président de la STD. En cause, une chute de ses ressources financières, tirées de la fréquentation de ses cinq refuges, répartis entre Isère et Hautes-Alpes.

Ceux de la Selle et du Soreiller dans les Écrins sortent de deux étés compliqués , marqués par la catastrophe de La Bérarde et ses contrecoups, notamment sur la question des accès. La baisse des subventions publiques n’arrange pas le tableau général. « Aujourd’hui, sans subventions et sans hausse de nos tarifs, à laquelle nous nous refusons pour l’instant, on ne peut financer que 50 % d’une rénovation », estime Christian Utzmann.

Pour celle de la Selle, la STD table sur une fourchette « de 1 à 2 millions d’euros », selon le résultat des études.

La cagnotte est disponible sur la page Hello asso de la STD.

Photo Jean-Benoît Vigny
Photo Jean-Benoît Vigny
En Belledonne, la rénovation de Jean-Collet attendra

La Société des touristes du Dauphiné avait également pour projet de rénover le refuge Jean-Collet (34 couchages), situé à un peu moins de 2 000 m d’altitude, en Belledonne. Il était notamment question d’améliorer l’isolation du bâtiment.

Mais l’association a choisi de « prioriser » le chantier de la Selle. « La situation y est plus dégradée qu’à Jean-Collet, qui ne fonctionne que l’été et peut encore accueillir du public quelques années », explique Christian Utzmann, le président de la STD. « On espère pouvoir enclencher cette seconde rénovation dans les cinq ans à venir. »

Un délai qui laissera aussi le temps à la commune de Sainte-Agnès, sur le territoire duquel le refuge est situé, de modifier son Plan local d’urbanisme pour permettre de futurs travaux. En attendant, de petites interventions sont malgré tout prévues, pour développer le potentiel photovoltaïque du bâtiment.

Article issu du Dauphiné Libéré

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