Il va manquer sur la fin de l’été pour le tour du Mont-Blanc. Si aucun retard administratif ne vient bouleverser le calendrier, le refuge de la Croix du Bonhomme fermera à la mi-août. Entre val Montjoie et vallée des Glaciers, l’été 2026 sera donc perturbé pour les randonneurs, alors que ce refuge érigé en 1924 compte habituellement plus de 8 000 nuitées en quatre mois d’été.
La Fédération française des clubs alpins de montagne (FFCAM), propriétaire des lieux à 2 443 mètres d’altitude, entreprend un vaste chantier de rénovation. Plus de quatre millions d’euros seront investis pour une requalification complète des bâtiments, alors que le dernier agrandissement date de 1992. Le refuge sera alors totalement fermé au public à partir de la mi-août 2026 jusqu’au printemps 2029, date de la réouverture prévue.
3 rénovations et 12 millions d’euros d’investissement
Le chantier entre dans le plan de rénovation décennal de la FFCAM lancé en 2017, avec deux autres refuges : Merveilles (Alpes-Maritimes) et Cortalets (Pyrénées-Orientales). « Ces trois rénovations représentent à elles seules près de 12 millions d’euros d’investissement », précise Maria Isabel Le Meur, directrice refuges et chalets au sein de la FFCAM. « La capacité à les financer sera critique dans le lancement des opérations. Nous espérons un taux de subvention de l’ordre de 55 %. […] Les incertitudes sur les financements publics étant plus marquées que précédemment. La capacité de financement de la FFCAM nous imposera certainement de mobiliser des fonds privés en faisant appel à du mécénat et à du financement participatif. »
Entre la vétusté des espaces et les conditions de travail des gardiens, la rénovation complète intérieure du bâtiment s’impose. L’envie est de revenir réellement aux 104 couchages, alors que la capacité d’accueil a été réduite à 90 depuis le Covid-19, en raison des difficultés d’exploitation du site.
L’énergie sera 100 % renouvelable
Le réaménagement des volumes intérieurs n’est pas la seule ambition. « Pour moins perdre de place, on va gagner beaucoup en réorganisant les couloirs et les multiples niveaux » détaille Maria Isabel Le Meur. La FFCAM veut aussi prendre en compte l’empreinte environnementale du refuge, en le rendant plus sobre sur l’utilisation des ressources. Cela passe notamment par des besoins en eau en adéquation avec le site naturel, tel qu’une utilisation restreinte des douches (minutées et à débit limité). Dans le même esprit pour le refuge de la Croix du Bonhomme, il y aura un recours privilégié aux toilettes sèches, permettant d’optimiser la filière d’assainissement au moyen de la phytoépuration.
L’énergie sera 100 % renouvelable (hormis le gaz en cuisine et secours en cas d’indisponibilité prolongée de la ressource solaire). Toujours dans un souci de sobriété énergétique, la FFCAM a préféré la réhabilitation des bâtiments existants afin de valoriser le patrimoine existant. « On a voulu rester fidèle à cette tour historique en pierre », explique Maria Isabel Le Meur. L’emprise au sol du refuge de la Croix du Bonhomme ne va pas changer (zéro artificialisation des sols). Les quelques extensions prévues sont des espaces déjà occupés par des terrasses. Extérieurement, l’ensemble sera doté d’un bradage en métal, donnant une certaine unité aux différents volumes.

L’utilisation finale de cette cabane doit évoluer. Aujourd’hui, le bâtiment ne sert que l’été et principalement pour des randonneurs itinérants sur le tour du Mont-Blanc et celui du Beaufortain. Demain, l’abri doit aussi pouvoir servir l’hiver grâce aux travaux d’isolation thermique et d’installation d’un chauffage adapté. L’ambition est de permettre un gardiennage pour la saison de ski de randonnée, alors qu’il y a de très belles pentes à tracer.
Article issu du Dauphiné Libéré


