Avec la livraison de la nouvelle télécabine de la Roche de Mio (dont le chantier a débuté par la gare sommitale à 2 739 m d’altitude en septembre 2023) pour l’ouverture le 13 décembre, c’est toute la colonne vertébrale de l’immense domaine skiable de La Plagne de 1 930 m à 3 080 m d’altitude qui fait peau neuve. Un chantier de 45 millions d’euros, dans le prolongement des 35 millions de la télécabine des Glaciers, en service depuis l’hiver 2023-24, concrétisation d’un dossier administratif lancé début 2019.
« Un investissement conséquent mais indispensable. On est reparti d’une feuille vierge par rapport à nos enjeux hivernaux, mais aussi estivaux », résume Jacques Chaudan, directeur technique de la Société d’aménagement de La Plagne (SAP). La télécabine datait de 1975 et n’était plus adaptée à un domaine qui affiche 2,7 millions de passages l’hiver (+1 % l’hiver dernier) : inconfort des cabines, vétusté technique, débit limité à 1 400 personnes/heure… « La concentration de skieurs sur le front de neige de Bellecote lors des pics de fréquentation était un point noir. Il fallait mieux répartir les flux sur le domaine skiable ».
Un débit de 3 140 personnes/heure
En changeant d’axe, la nouvelle remontée évite le verrou de Belle Plagne (le tronçon est conservé en transport urbain) et la crête des Bourtes au risque avalancheux très marqué en cas de grosse chute de neige. Direction la nouvelle gare intermédiaire du col de Forcle (à 2 270 m d’altitude), semi-enterrée avec toiture végétalisée et sur deux niveaux de plus de 2 000 m² de surface au sol. Une gare à angle droit, point névralgique de la télécabine, avec le garage des 168 cabines panoramiques 10 places, mais aussi la possibilité d’accoupler ou désolidariser les deux tronçons qui composent la nouvelle ligne. Si la Roche de Mio a plus que doublé son débit (3 140 personnes/heure désormais), sa gare intermédiaire permet aussi de faciliter l’accès au secteur de haute altitude, via le FuniPlagne et le sommet de la Grande Rochette, depuis Montalbert, Plagne 1 800, Aime 2 000… Sans passer par Bellecote, dont l’accès depuis Plagne-centre est conservé par le télésiège de la Bergerie.
« La ligne, recentrée dans une zone déjà anthropisée, est un kilomètre plus longue que l’ancienne télécabine, constituée en deux tronçons de 1,9 km et 2,6 km [15 minutes de trajet, NDLR] », poursuit Jacques Chaudan. « Le premier tronçon permet une bascule plus facile sur le versant Champagny, mais aussi un retour vers Bellecote en piste bleue, pour tous les niveaux ». Sans oublier la mise en valeur estivale du col de Forcle, dont le panorama et l’attractivité vont être renforcés avec un cheminement piéton autour de la retenue collinaire et d’autres activités.
La réalisation de la gare de départ de la nouvelle télécabine de la Roche de Mio n’a pas été sans difficulté. « Il fallait laisser libre le front de neige de Bellecote, qui accueille beaucoup d’animations, ni toucher la gare de départ de la télécabine de Belle Plagne, sans gêner le départ du télésiège des Colosses, ni l’arrivée de la piste qui arrive de celui de la Bergerie ».
Un bâtiment en L sur deux niveaux a trouvé place, au mètre près, autour de l’ancienne gare. Il abrite point de vente et d’information, bornes informatiques, toilettes, escalator et ascenseur PMR… venant conforter une remontée structurante, épine dorsale de tout un domaine, hivernal et estival. Conforme au standing d’une SAP qui affiche un chiffre d’affaires de 118 millions d’euros (+7 %) l’hiver dernier.
Article issu du Dauphiné Libéré


