Ce que les skieurs ne voient jamais à La Plagne : le poste de commande secret de Roche de Mio

Être aux commandes de la télécabine Roche de Mio est comme conduire un train. Le vocabulaire employé par Fabrice Sorrel le prouve. « Le matin, un premier wagon de cinq cabines monte à l’intermédiaire. Il faut ensuite “cycler” le tout, autrement dit lancer les cabines sur le circuit. Puis coupler les deux lignes. Les tronçons sont reliés par un système d’aiguillage automatique des cabines », explique le responsable du service mécanique de la Société d’aménagement de La Plagne (SAP). En bref, vulgarise Fabrice Sorrel, « c’est comme un train ».

En réalité, le mécanisme est un peu plus complexe que cela. Et pour mieux comprendre, Fabrice Sorrel nous ouvre le poste de commande. La conduite de la télécabine Roche de Mio, véritable colonne vertébrale du domaine skiable le plus fréquenté au monde, ne se joue ni à la gare de départ ni à celle d’arrivée. Mais ici, à l’intermédiaire. Cela n’a rien d’un hasard. « En réalité, il n’y a pas une télécabine, mais deux télécabines Roche de Mio. L’intermédiaire entre ces deux lignes indépendantes est crucial, car c’est précisément là que s’accouplent les deux appareils », révèle Fabrice Sorrel.

À l’intérieur du poste de conduite, une multitude d’écrans retransmettent les informations en temps réel de la télécabine. Des caméras montrent les endroits stratégiques de la nouvelle remontée, notamment aux entrées des skieurs.

« Les problèmes de sécurité sont rares »

Derrière ces écrans se trouve le poste d’Isabelle Ivon. Elle est l’une des conductrices de la télécabine. Son travail a bien changé avec le nouveau modèle. « L’ancien était beaucoup moins automatisé. Il fallait accomplir de nombreuses opérations de sécurité. Le cyclage et le décyclage* aussi. Des agents devaient même pousser les cabines à la main », se souvient Isabelle Ivon. L’ancien appareil datait de 1975.

Désormais, pour la conductrice et ses collègues, tout est automatisé. Ou presque. « C’est surtout un gain de temps, en particulier sur la sécurité. Il y a bien moins de contrôles manuels à faire. Les automates prennent le relais », précise Julien Rilly, responsable de massif à la SAP. Aussi, moins de personnel est mobilisé sur la seule télécabine Roche de Mio. Une personne en haut, trois au milieu et deux en bas.

Lors du roulement, le conducteur n’a finalement que deux tâches. Il s’agit pour Isabelle Ivon de « surveiller les entrées et sorties et gérer la sécurité quand il y a un problème ». Il s’agit la plupart du temps d’usagers dont le comportement active le système de sécurité automatique. Comme d’entrer dans une cabine trop tardivement sur le départ. Un arrêt immédiat de l’appareil s’opère alors. Mais que les skieurs se rassurent : à en croire Julien Rilly, « les problèmes de sécurité sont rares ».

* : L’opération consiste à rentrer les cabines dans un garage situé à l’intermédiaire de la télécabine.

Article issu du Dauphiné Libéré

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