« Le succès de l’hiver se construit l’été ». Sébastien Lazzaroni, directeur du domaine skiable de Méribel-Mottaret pour la Société des trois-vallées (S3V), a le sens de la formule pour résumer l’activité intense qui règne sur et aux abords des pistes et remontées. « L’été, c’est un compte à rebours, l’anticipation, pour être prêt début décembre ». Et il ne pense pas qu’aux imposants chantiers des télécabines des Chenus à Courchevel et de Côte Brune à Mottaret (46 millions d’euros d’investissement) et à la modernisation sur trois ans du réseau d’enneigement sur le Pas du lac (8 millions d’euros HT).
Derrière ces grands chantiers si visibles, à six mois du top départ de la saison hivernale, il y a toute la face cachée d’une hors saison tout aussi essentielle qui occupe les 200 permanents de la S3V (dont 50 à Mottaret), pour 700 employés l’hiver : maintenance du parc de remontées mécaniques, révision du parc roulant, optimisation du réseau de neige de culture, entretien des systèmes de déclenchement préventif d’avalanche, modelage et engazonnement des pistes… « Dès le mois de février, les responsables de services s’occupent du planning l’été, pour assurer la maintenance préventive courante, déterminante pour le taux de disponibilité l’hiver ».
Le remplacement du télésiège de Côte Brune
Si les gros projets d’investissement sont sous-traités, la maintenance quotidienne se fait le plus possible en interne. « Pour être efficace l’hiver, il faut connaître les équipements : ce qui veut dire garder et maintenir des compétences dans l’entreprise, par le recrutement, la formation, le tutorat… sans négliger la sécurité de métiers exposés hiver comme été », insiste Sébastien Lazzaroni.
Au sommet du domaine skiable, entre 2 300 et 2 850 mètres, le remplacement du télésiège de Côte Brune par une télécabine dix places, décidé lors du plan prévisionnel d’investissement signé avec la commune des Allues en 2014, bat son plein. Pour être opérationnel en décembre prochain.
« Datant de 1991, le télésiège avait rempli sa mission, il n’était plus au standard pour une ligne longue, exposée au vent. Sur un secteur stratégique (accès direct à Val Thorens, 800 000 passages/hiver) et avec le même tracé (14 pylônes au lieu de 25), le nouvel appareil va apporter plus de confort, plus de débit (2 600 personnes/heure au lieu de 2 200) et moins d’attente, avec double embarquement au départ et des quais à niveau de la neige », résume Raphaël Guzzi, directeur des remontées mécaniques de Mottaret. « Il était plus raisonnable de faire les travaux sur deux ans », ajoute le directeur du domaine. Après une première tranche en 2024 (coulage de certains massifs, tirage des fourreaux), les travaux ont repris dès la fin de la saison hivernale.
Un chantier à 21 millions d’euros
En un temps record, les entreprises ont démonté la ligne, refait les derniers massifs, dressé la nouvelle ligne et la gare d’arrivée et le garage des 50 cabines sont sortis de terre. « Il ne fallait pas déranger la saison estivale, la faune et la flore, les agriculteurs », appuie Raphaël Guzzi. « Le béton est fabriqué sur place, pour éviter la noria de camions, avec un système de traitement des eaux de lavage de la station (décanteur et filtre). Les laitances de béton sont collectées pour garantir l’absence de rejet ».
Un chantier à 21 millions d’euros pour la S3V qui, de l’autre côté de Saulire, en mène un tout aussi conséquent (25 millions d’euros) avec le renouvellement de la télécabine des Chenus à Courchevel. « Sur le même tracé, mais avec une gare de départ désolidarisée de celle des Verdons, cette télécabine emblématique dix places et son débit doublé va relancer ce versant et soulager Saulire », avoue Bénédicte Peroz, responsable communication d’une S3V qui vit un été très chaud.
Article issu du Dauphiné Libéré


