Échec scolaire, boulimie, anorexie… Benjamin Védrines se confie dans un livre autobiographique

Outre l’actualité de l’ascension du Jannu Est, au Népal, Benjamin Védrines a sorti un livre autobiographique, Solitude, dans lequel il évoque ses failles d’adolescent. « Ce livre est important. Je me confie un peu plus que d’habitude. » Dans cet ouvrage, il écrit : « Je ne suis pas sûr de comprendre ce que je cherchais en retournant le téléphone vers moi ou en faisant le pitre devant la caméra de l’ordinateur. C’était peut-être une manière de crier au monde ma peur d’être oublié, et à moi-même à quel point j’étais désespéré. »

Il veut s’adresser à ceux qui connaissent ou ont connu une forme de mal-être. « La montagne a été pour moi une source de bien-être, une vraie école de vie », nous confie-t-il. « La montagne ne te juge pas. Tout le monde peut l’utiliser comme un médicament, c’est une source d’inspiration et elle m’a permis de trouver à quoi je servais dans la vie, et d’assumer de ne pas avoir fait d’études secondaires. »

« Arrêter tout cela interroge. Dans notre société, c’est une forme d’échec »

Au départ, l’alpiniste voulait devenir kinésithérapeute. « Arrêter tout cela interroge. Dans notre société, c’est une forme d’échec. Guide, je n’en rêvais pas absolument au début. Mais cela a été une forme d’évidence lorsque j’ai réalisé que je n’étais pas fait pour rester assis sur une chaise. »

Dans ce livre, il aborde également ses problèmes liés à la nourriture : « Ces phases d’anorexie puis de boulimie (les médecins parlent d’hyperphagie) ont fini par me faire atterrir dans le cabinet d’une psychiatre, sans grand résultat. Alors je me suis enfui, je suis parti en voyage, en montagne. Je me suis sauvé. Seul. »

« La montagne m’a permis de trouver un équilibre »

Ses parents l’ont suivi dans ses choix. « Ils ont peut-être été anxieux par rapport à mon mal-être. Mais ils ont compris que la montagne m’a permis de trouver un équilibre », nous confesse-t-il. « Ils avaient plus peur à l’époque, quand j’étais seul et moins mature. Maintenant, je monte le curseur. Mais ce n’est pas plus risqué qu’une saison de guide. Ils sont évidemment angoissés, mais ma gestion du risque me paraît solide. Ils respectent le fait que c’est ma passion. Ils savent que si j’ai un accident, je ne l’aurai pas eu pour rien. Je n’aurai pas choisi d’avoir un accident, mais j’aurai choisi d’être là, d’être à cet endroit. »

Il résume cette idée dans l’ouvrage : « J’écris pour ceux qui me prennent pour un combattant indestructible, et pour vous qui connaissez ces états de souffrance, pour que vous sachiez qu’il existe des voies pour s’en libérer. Je veux que vous compreniez pourquoi je ne cesserai jamais d’aller en montagne, peut-être jusqu’à ce qu’elle me prenne éternellement. »

Solitude, aux éditions Paulsen/Guérin

Article issu du Dauphiné Libéré

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