Depuis le 1er juillet 2025, la loi française a étendu l’interdiction de fumer à de nombreux lieux publics en plein air, notamment les stations de ski. Aux Gets, on n’a pas attendu ce décret : il est interdit de fumer en dehors des zones prévues à cet effet depuis le 17 décembre 2022.
« Cette décision avait été motivée par deux causes : chaque année, en fin de saison, nous ramassions plus de 3 000 mégots, ce qui en faisait notre déchet numéro 1. En plus, Les Gets sont une station familiale, et les personnes fumant sur les remontées mécaniques exposent les enfants à des risques. Nous avons donc fait d’une pierre deux coups, avec une mesure forte », explique Benjamin Mugnier, directeur exécutif du domaine skiable de la station.
La première station en Europe
Première en Europe à mettre en place cette interdiction, la station a depuis été contactée par d’autres domaines skiables pour les accompagner dans cette direction, « dans le sens de l’histoire. » Si la station avait déjà pris les devants en encadrant la cigarette sur les pistes, l’adoption du récent décret l’a contrainte à revoir son dispositif.
« On est allés plus vite que ce qu’on pensait » et plus loin. « Les zones fumeurs telles qu’on les avait aménagées sont maintenant interdites. Nous avions investi dans ces zones : bien matérialisées, marquées par des oriflammes, avec des cendriers en matériaux de ski recyclés. Elles n’ont pas été réinstallées cette saison, déplore Benjamin Mugnier. Le seul lieu sur la station où il est encore autorisé de fumer est la terrasse des restaurants. »
L’interdiction de fumer sur les pistes et les télésièges reste majoritairement approuvée. Benjamin Mugnier avoue qu’en 2022 la station avait « un peu peur de s’en prendre plein la figure », mais des sondages ont montré que le succès est applaudi autant par les non-fumeurs que les fumeurs.
Le nombre de mégots ramassés par saison est tombé à 200. Pourtant, l’interdiction n’a pas donné lieu à des sanctions : « Il n’y a pas de pouvoir de police sur les pistes, c’est surtout de la prévention. Cela va peut-être changer avec le décret, je n’ai pas encore eu l’occasion d’en discuter avec la gendarmerie », précise Benjamin Mugnier.

« Très bien ! ça fera moins de mégots à ramasser »
Du côté des restaurateurs, les avis sont favorables : « C’est bien pour la station, on n’imagine pas le nombre de mégots retrouvé chaque année ! », affirme Kylian, barman à L’Aprèski. « Peut-être qu’il y aura plus de fumeurs en terrasse, mais pour le moment ça n’a pas l’air d’être le cas. » Au restaurant Lou Baitandys , une membre du personnel, très favorable à la mesure, a un avis assez cynique : « Les gens s’adaptent, celui qui veut fumer il fumera tout le temps… Maintenant, ils consomment même de la drogue un peu partout, alors fumer… » Elle observe par ailleurs une baisse du nombre de fumeurs en terrasse : « Ils peuvent se cacher, il y a assez de place dans la nature. »
Du côté des usagers (skieurs, snowboardeurs et autres amateurs de glisse), les avis ne sont pas non plus très mitigés. « C’est une très bonne chose », s’exclame l’un. « Très bien ! ça fera moins de mégots à ramasser », souligne une autre. Parfois, une certaine animosité envers les fumeurs remonte : « Que les gens fument ne me dérange pas, s’ils étaient propres et ne jetaient pas leurs mégots par terre », s’agace un skieur. Et un autre de surenchérir : « C’est sympa, tu viens en montagne profiter de l’air pur et l’autre à côté il s’allume une clope et tu t’en prends plein la gueule. » Un ancien fumeur se dit même très content : « Avant, même avec l’interdiction à l’intérieur des lieux publics, les gens fumaient à l’extérieur. Dès qu’on sortait on respirait les bouffées de fumée, pareil en station. Les choses évoluent dans le bon sens. »
Article issu du Dauphiné Libéré