« Nous n’avons pas de pouvoir de police » : comment se passe l’interdiction de fumer sur les pistes ?

Depuis le 5 décembre, date d’ouverture de la station de Courchevel pour la saison d’hiver, certains skieurs ont pu apercevoir des panneaux à messages variables indiquant qu’il est désormais interdit de fumer sur les pistes et dans les remontées mécaniques. Comme cette famille venue skier sur le domaine pour les fêtes. « Par rapport à avant, c’est vrai que nous avons remarqué la présence de panneaux au niveau des remontées mécaniques, mais pas sur les pistes. »

L’été dernier, un décret a élargi l’interdiction de fumer à de nouveaux espaces extérieurs, dont les domaines skiables. Cette mesure concerne les remontées mécaniques et ses files d’attente, mais aussi les pistes de ski. À Courchevel, la mesure semble plutôt bien acceptée par les skieurs, fumeurs ou non. « C’est une très bonne chose. Ici, on est là pour faire du sport et pas autre chose. Ça ne dérange plus ceux qui ne fument pas, d’autant plus que la cigarette pollue », réagit Fabrice, un skieur de la station.

Photo Le DL/Louise Raymond
Photo Le DL/Louise Raymond

135 euros d’amende

Pour autant, cette nouvelle règle ne semble pas encore être arrivée aux oreilles de tous. À l’instar de Maxence, qui avait l’habitude de fumer sa cigarette sur les pistes. « Je savais qu’une loi était passée pour interdire la cigarette dans certains lieux publics mais pas que cela concernait les stations. Je ne fume jamais dans les télésièges donc finalement cela ne change pas grand-chose pour moi. »

Dans les faits, tout contrevenant s’expose à 135 euros d’amende. Elle peut s’élever à 375 euros si majoration – voire 750 euros en cas de récidive. Mais pour faire respecter cette loi, les agents d’exploitation des domaines skiables disposent, pour le moment, d’un seul outil : la prévention. « Nous faisons uniquement de l’information au client en passant régulièrement des messages sur des panneaux aux abords des téléphériques. Il n’y a que la collectivité, la police municipale ou la gendarmerie qui peuvent verbaliser, indique Pascal de Thiersant , président du directoire de la Société des Trois Vallées (S3V), qui exploite les remontées mécaniques de Courchevel et Méribel Mottaret. Mais, pour le moment, aucune patrouille spécifique n’a été déployée sur les pistes. »

« On intervient si l’on voit quelqu’un fumer »

Quotidiennement en contact avec les skieurs, Sophie Demange, agente des remontées mécaniques au télésiège des Suisses (Courchevel), le confirme : « Quand on est en bas des remontées mécaniques, au niveau de la zone d’embarquement, nous vérifions régulièrement et on intervient si l’on voit quelqu’un fumer. En revanche, nous n’avons pas de pouvoir de police pour verbaliser. » Elle précise : « Globalement, les skieurs respectent relativement bien la réglementation. À la rigueur, ils fument à côté des poubelles. »

Si l’interdiction a été motivée pour des raisons de santé publique, elle devrait aussi permettre de moins polluer. Même si les mégots de cigarette peuvent passer inaperçus pendant l’hiver, ils sont le premier déchet en montagne. Un fléau que Pascal de Thiersant avait tenté de réduire. « Nous avons toujours distribué des cendriers de poche pour les fumeurs. Depuis l’instauration de la loi, on peut uniquement s’en procurer à la demande puisqu’il est désormais interdit de fumer. » Reste qu’elle ne résout pas encore ce problème pour l’environnement. « Depuis le début de l’hiver, nous sommes déjà à plusieurs milliers de mégots ramassés par nos agents des pistes. »

En station sauf exception, il est toujours toléré de fumer sur les terrasses des cafés et restaurants en altitude. Quant au vapotage, il reste autorisé sauf dans les lieux clos.

Article issu du Dauphiné Libéré

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