En arrière-plan, le glacier de la Grande Motte et le lac dégelé de Tignes feraient presque oublier la présence du golf de la station, perché à 2 100 mètres d’altitude. Dans un décor de montagne encore bien enneigée, les premières mottes de gazon et les premiers grains de sable des bunkers commencent à poindre le bout de leur nez. Mais l’hiver n’a pas dit son dernier mot. « Je suis parti quelques jours, le parcours était vert, et là il est redevenu tout blanc », a constaté ébahi Alexis Le Meur, directeur du golf depuis trois étés.
Des surplus de neige, le passionné en a déjà fait des cauchemars à la fin de la saison d’hiver. « Lors des tempêtes de neige en février, une avalanche s’est déclenchée et a pulvérisé une cabane nous permettant de pomper l’eau du lac de Tignes. On a trois semaines avec le maçon et le menuisier pour la reconstruire », déplore-t-il. Les marmottes, réelles stars du site, creusent des petites galeries et ramènent des cailloux sur les trous, mais à la marge.
Ces aléas extrêmes n’ont pas que des mauvais côtés. « La neige conserve bien le gazon donc on n’a pas besoin de mettre de produits phytosanitaires, très peu de dameuses passent sur le parcours, et l’altitude protège des maladies et des champignons sur les fairways (partie entre le départ du trou et le drapeau) », explique le quadragénaire. Et l’eau ne coule pas sous les ponts. « On n’est pas gourmand par rapport aux autres golfs. On puise 6 000 mètres cubes d’eau avec un système intelligent relié au lac de Tignes, qui s’adapte au taux d’humidité ». Le tout pour un green vert dans tous les sens du terme.

Une saison éclair dans un décor exceptionnel
Le tracteur, la tonte, la scarification du green, l’installation des pics, et de la signalétique, dès 6 h du matin, tous ces efforts de préparation ne comptent que pour que les joueurs foulent la pelouse de fin juin à début septembre. « On a l’exploitation la plus courte des golfs de France. Mais ça vaut le coup, car même après 22 ans ici, je m’émerveille toujours autant du cadre », assure Alexis Le Meur.
Et cet investissement porte ses fruits d’été en été, avec 4 000 départs de parcours enregistrés chaque année. « On est monté en gamme en réconciliant les clients avec le golf de montagne, réputé trop vallonné, trop caillouteux », affiche fièrement celui qui est employé aux remontées mécaniques l’hiver.
Exploité par le nouveau délégataire de la station, Altta , le golf sera équipé de deux nouvelles voiturettes pour gravir en toute tranquillité les 18 trous. Le chalet d’accueil sera également amené à être modernisé. Cerise sur le gâteau, le numéro un français de la discipline, Adrien Saddier viendra peut-être s’entraîner à Tignes début août.
Article issu du Dauphiné Libéré