Au centre des discussions autour des remontées mécaniques à Tignes, où la fin de sa délégation de service public lui a été signifiée (DSP) et à La Plagne (en plein renouvellement de sa DSP), la Compagnie des Alpes ressort où on ne l’attendait pas forcément. Candidate au renouvellement de la DSP (domaines skiable et nordique, centrale de réservation) à Pralognan-la-Vanoise, elle a été retenue le 14 juillet, à l’unanimité, par la commune pour les 25 ans à venir à compter du 1er novembre.
Une surprise, tant l’image des grands domaines d’altitude (Val d’Isère, Tignes, Les Arcs, La Plagne, Méribel, Les Menuires ne serait-ce qu’en Tarentaise) colle à la peau du premier opérateur européen de remontées mécaniques. Qui pourtant s’est positionné pour la reprise d’une petite station (12 remontées mécaniques et 26 km de pistes entre 1 410 et 2 355 m d’altitude et “seulement” 9 600 lits touristiques) au milieu des plus grandes.
Des conditions d’enneigement exceptionnelles et pérennes
Les spécificités géographiques et climatiques du site permettent au domaine de bénéficier de conditions de froid et d’enneigement exceptionnelles et pérennes. Une station de sports d’hiver historique (le premier téléski, le Barioz des frères Bardassier, date de 1936 et le Bochor, construit en 1953, est la plus vieille remontée de Savoie ) qui réalise une des meilleures saisons estivales de Tarentaise, si ce n’est la meilleure (40 % de sa fréquentation annuelle), avec l’attrait de la porte d’entrée principale du parc national de la Vanoise et ses itinéraires de randonnée à l’infini.
Après l’exploitation par le groupe Labellemontagne de 2005 à novembre 2016 (le déficit de 300 000 € pour un chiffre d’affaires de 3,5 M€ étant à l’origine d’un divorce à l’amiable), c’est une Sem, la Sogespral, qui avait pris le relais. Sa concession arrivait à terme en novembre prochain et ses résultats ne sont pas en cause : 218 741 journées skieurs en 2023-24 pour un chiffre d’affaires de 4,67 M€ et 25 000 € de chiffre d’affaires au nordique (soit + 31 % par rapport à l’hiver précédent).

La dernière remontée mécanique date de 2011
« Nous avons décidé d’anticiper le renouvellement par appel à candidature en incluant les investissements. L’objectif était fixé depuis 2023 », souligne la maire, Martine Blanc, aussi présidente de la Sogespral (74 employés dont 14 permanents). « Ce n’est pas la collectivité qui pouvait appuyer de manière conséquente la Sogespral ».
La dernière remontée mécanique date de 2011, et des questions se posent sur le renouvellement du télésiège de l’Edelweiss (à l’étude depuis 2022), sur l’avenir du téléphérique et la nécessité d’un tapis au Barioz. « On s’oriente vers d’autres choses, plus structurées, plus pérennes, avec plus de confiance. Une nouvelle dynamique, toujours autour de notre âme de village, notre caractère atypique », poursuit l’élue.
« La confiance de la commune de Pralognan est une très belle reconnaissance de nos expertises dans les domaines de montagne et de notre engagement à répondre au mieux aux attentes des territoires », se félicite Dominique Thillaud, directeur général de la CDA. David Ponson, directeur de la division domaines skiables ajoute : « Pralognan, territoire d’expériences diversifiées, possède de nombreux atouts, souvent complémentaires de ceux de nos autres domaines. C’est un petit écrin qu’on ne surnomme pas “le petit Chamonix” par hasard. Grâce à nos savoir-faire, nous avons en main toutes les cartes pour renforcer et développer le potentiel d’attractivité de cette destination ».
Pour la commune, c’est un partenaire de poids qui arrive, pour améliorer la notoriété et le remplissage, mais aussi mener une réflexion sur l’immobilier et la patinoire. « Pralognan n’a pas à souffrir d’un complexe d’infériorité. C’est une destination qui doit s’épanouir ».
Article issu du Dauphiné Libéré