Un ras-le-bol grandissant d’élus de montagne face à la frilosité du gouvernement à faire appliquer sa propre loi. L’hiver 2025-2026 est le cinquième consécutif en France où le pays se retrouve dans cette situation administrative ubuesque d’une obligation faite aux automobilistes circulant en territoires de montagne à posséder des équipements hivernaux adaptés.
Une obligation sans contravention qui finit par excéder le maire de la commune des Belleville. « On a eu un week-end difficile le samedi 10 janvier. Maintenant que tout le monde sait qu’on ne verbalise pas, les automobilistes tentent le coup jusqu’au bout. Je souhaiterais que ça s’arrête », explique Claude Jay, maire sans étiquette, dont la commune héberge les stations de Val Thorens et Les Menuires. « Tout le monde me dit que ce n’est pas normal que cette loi ne soit pas applicable. On va forcer un peu le destin et faire bouger les choses », espère l’élu.

Un arrêté municipal pour limiter l’accès aux stations en cas de neige
Dans le détail l’arrêté municipal des Belleville, publié 3 février, prévoit d’interdire l’accès aux trois stations de Val Thorens, Les Menuires et Saint-Martin-de-Belleville aux automobilistes non pourvus de chaînes, pneus neige et chaussettes du lundi au vendredi en cas d’alerte orange neige de Météo France. Et les week-ends lors de l’activation du niveau 2 du PC Osiris lorsque se cumulent sur les routes savoyardes des conditions météo dégradées et des milliers d’automobilistes.
La police municipale des Belleville ainsi que la gendarmerie seront donc en droit d’empêcher les automobilistes non équipés d’accéder à leur lieu de villégiature. Elles pourront également dresser des contraventions de 2e classe de 35 euros. “Cette décision a été prise face à l’irresponsabilité, heureusement marginale, de certains conducteurs circulant sans équipements adaptés, mettant en danger leur sécurité et celle des autres usagers, tout en perturbant la circulation”, écrit sur son site internet la mairie des Belleville.
Le texte municipal a été transmis depuis jeudi 5 février à la préfecture de la Savoie, et est « toujours en cours d’analyse par nos équipes » nous ont indiqué, le 13 février, les services de l’État. « Je retirerai mon texte s’il n’est pas valable mais je ne vois pas en quoi il ne respecterait pas la loi, confie Claude Jay.
Tout le monde a convenu après le 10 janvier qu’il fallait faire bouger les lignes. La préfète a évoqué l’idée de prendre un arrêté départemental. Ne voyant rien venir, je prends cette initiative. Il faut que le décret établissant les sanctions soit pris par le ministère. Ce n’est pas faire de la répression pour de la répression, c’est continuer à sensibiliser. » Reste désormais à savoir si la préfecture désapprouvera ou non l’initiative ou si celle-ci crée des émules chez d’autres maires savoyards.
Article issu du Dauphiné Libéré