Notre activité autour des lacs de montagne est-elle nocive pour la biodiversité ? C’est la question que se posent Clotilde Sagot, chargée de mission mesure physique au Parc national des Écrins et Marine Souchier, ingénieure de recherche au centre alpin de recherche sur les réseaux trophiques et écosystèmes limniques.
À travers leur projet “PLOUF”, qui mélange les sciences humaines et sociales et les sciences environnementales, elles cherchent à étudier les comportements sociaux autour des lacs de montagne et mesurer l’impact de la fréquentation humaine sur ceux-ci.
Cette large étude, commencée en juin 2025, a permis d’analyser les comportements humains ainsi que les résidus chimiques autour de 17 lacs, situés autour du Parc national des Écrins et en Haute-Savoie. « Au cours de l’année écoulée, il y a eu un premier travail d’étude sur l’activité humaine autour des lacs ainsi que des analyses chimiques, explique Marine Souchier. Cet été, on retourne sur le terrain pour prélever des sédiments, matière solide au fond de l’eau, qui apportent des informations sur le lac et ce qui se trouve autour depuis des années. C’est l’équivalent des archives aquatiques ». Ces analyses permettront ensuite de comprendre à quel point les passages de plus en plus fréquents des randonneurs peuvent laisser des traces de pollution dans ces lacs.

Des incertitudes qui persistent
Résidus de savon, de crème solaire, de médicaments ou encore pollution atmosphérique, ces scientifiques cherchent à comprendre comment les usages récréatifs des lacs de montagne peuvent nuire à l’écosystème. Le 2 juin, au cours d’une soirée organisée à Briançon par le CNRS, elles ont donné une conférence au cours de laquelle elles ont partagé leurs interrogations, leurs méthodes de recherche et leurs premières constatations sur le sujet.
« C’est très important de pouvoir échanger avec les citoyens sur la démarche scientifique. On est là pour partager la connaissance, mais aussi la non-connaissance, car il y a des choses qu’on ne sait pas encore, des questions que l’on se pose », ont précisé Clotilde Sagot et Marine Souchier, en ajoutant que le projet “PLOUF” est encore loin d’être abouti, et qu’aucune conclusion définitive ne peut être tirée.
Article issu du Dauphiné Libéré