Ski hors-piste : une première précoce et vertigineuse à la Grande Casse

Non le ski n’est pas fini. Même en automne. À condition de grimper en altitude, en des hautes sphères où les abondantes précipitations d’octobre ont tapissé de neige les versants à plus de 3000 mètres. Cette descente inédite, réalisée à vue, le Savoyard Xavier Cailhol, qui compte dans la dernière promotion de guides de haute montagne sortie de l’École nationale de ski et d’alpinisme (Ensa) en fin d’été, en a eu l’idée que quelques jours avant cette sortie.

Une ligne directe étonnamment remplie de neige

Grâce à ses activités de doctorant en géographie, il réalisait des relevés dans la goulotte glaciaire Folie douce, dans cette face nord de la Grand Casse, avec son frère. Ce spécialiste des études sur l’évolution de la haute montagne et de ses pratiques repérait alors une ligne directe étonnamment remplie de neige, partant du point culminant de la Vanoise, toit du département (3855 m) : la voie Coutin-Julien, du nom d’une sacrée cordée d’après guerre.

Maurice Coutin, fondateur et premier président de la compagnie des guides locales, et Pierre Julien, professeur à l’Ensa, l’ont ouverte en 1953, six ans après leur première à l’arête nord-ouest du mont Pourri. Elle a été rarement gravie depuis et n’avait jamais été skiée. « Un itinéraire mixte audacieux pour l’époque avec des ressauts sacrément raides » estime Cailhol.

Il en parlait alors à son vieux compère de l’équipe de France d’escalade sur glace, en 2014, Symon Welfringer. Au printemps dernier, le météorologue grenoblois, Piolet d’or 2021, l’avait déjà accompagné pour une descente vertigineuse et inédite sur le sommet voisin de l’Épéna (3421 m). Le duo reprenait alors les skis ce mardi 29 octobre et, parti de Pralognan, gravissait planches sur le dos, la Grande Casse par l’autre versant, les Grands couloirs.

Photo Xavier Caihol
Photo Xavier Caihol

« Une neige poudreuse incroyable »

Ils plongeaient alors dans le versant de l’ombre pour une descente qui devait leur donner des sensations inespérées pour la saison. Malgré deux zones de rappels de 30 mètres et de désescalade dans le tiers supérieur, le final, 600 mètres en direct, offrait des conditions de rêve dans cette face à la pente soutenue, 50° en moyenne. « Une neige poudreuse incroyable ».

Neuf cents mètres plus bas, ils déchaussaient pour remonter à pied par le col de la Grande Casse et basculer vers Pralognan. Heureux. Plein d’esprit d’à-propos, le duo a baptisé sa descente le Casse de Brice. Mais les deux garçons, bien décidés à ne pas lâcher l’affaire et ce début de saison précoce, n’entendaient pas en rester là. Quelques jours après, ils étaient annoncés du côté de la Dent Parrachée, à l’autre bout de la Vanoise.

Article issu du Dauphiné Libéré

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