Un co-directeur « découragé » : le Festival du film de comédie va-t-il quitter l’Alpe d’Huez ?

C’est une décision qui paraît impensable tant l’Alpe d’Huez et le Festival du film de comédie sont indissociables. Comme l’est le Tour de France avec la station iséroise. « J’ai même du mal à l’imaginer tant nous sommes attachés à l’Alpe depuis 25 ans », lance Frédéric Cassoly, co-organisateur du festival avec Clément Lemoyne.

Après la 30e édition qui aura lieu en janvier 2027, le festival va réunir toutes les parties prenantes (municipalité, office de tourisme, restaurateurs, hôteliers…) pour rediscuter des conditions d’accueil ; le contrat liant la commune aux organisateurs arrivant à terme. « Si rien ne change, on sera obligé de partir et d’aller proposer le festival à une autre station », se désole Frédéric Cassoly. Car si les relations avec la mairie sont « excellentes », le duo d’organisateurs doit aujourd’hui faire face à une situation devant laquelle il semble impuissant : les prix exorbitants qu’appliquent certains hôteliers.

Photo Le DL/Benoît Lagneux
Photo Le DL/Benoît Lagneux

« On est sur les mêmes prix que lors du Festival de Cannes »

« On se retrouve avec des nuits à 5 ou 600 euros avec obligation de réserver en demi-pension. On est sur les mêmes prix que lors du Festival de Cannes. Il faut revenir à la réalité », constate Frédéric Cassoly. Conséquence : c’est d’un hôtel entier dont l’organisation doit se passer pour l’édition 2026, en raison des tarifs pratiqués. « Ce qui entraîne des dommages collatéraux. On a dû dire à certains partenaires qu’on ne pouvait plus les héberger et à certaines équipes de films de venir moins nombreuses », ajoute Frédéric Cassoly. Une flambée des prix qui a également un effet boule de neige avec des Airbnb qui appliquent des tarifs comparables à une semaine de vacances de Noël.

Sauf que si le festival quitte la station, les conséquences économiques vont vite se faire ressentir. Chaque année, ce sont pas moins de 510 000 € qui sont dépensés par l’organisation dans les hôtels et plus de 50 000 € dans les restaurants. Sans compter les réservations et repas annexes pris en charge par les équipes et le public. « Notre service du protocole envoie ou réserve systématiquement dans les établissements de l’Alpe quand on le contacte », précise Frédéric Cassoly qui regrette également que les hôtels ne souhaitent pas participer davantage au festival. « On a une notoriété et ils devraient s’en servir en proposant par exemple des animations », estime Frédéric Cassoly. Sans oublier que nombre d’artistes qui viennent à l’Alpe pour le festival reviennent ensuite en famille ou entre amis.

« On veut travailler avec des gens qui en ont envie »

Face à cette situation, le co-directeur se dit donc « découragé ». « On est prêt à étudier plein de points mais on veut travailler avec des gens qui en ont envie », explique-t-il en précisant que ce départ serait aussi dommageable « pour tous les nombreux établissements de la station qui jouent le jeu et nous suivent depuis des années. »

Avec un budget composé à 80 % de partenariats et seulement 20 % de subventions publiques (notamment 230 000 € de la commune), l’équilibre du festival repose en partie sur ces alliances locales. D’autant que les deux directeurs veulent maintenir la gratuité des séances.

Article issu du Dauphiné Libéré

Découvrez nos lectures liées
Restez informé, suivez le meilleur de la montagne sur vos réseaux sociaux
Réserver vos séjours :
hébergements, cours de ski, forfaits, matériel...

Dernières actus