Les Hautes-Alpes insolites : un nouveau guide de rando pour explorer le département autrement

Nicolas Crunchant et Nicolas Fragiacomo, deux spécialistes de la montagne, publient l’ouvrage « Hautes-Alpes insolites, découvertes et randonnées », chez Glénat. Un nouveau topoguide dont l’ambition est de faire parcourir aux lecteurs des itinéraires au patrimoine insoupçonné.

Nicolas Crunchant, vous êtes accompagnateur en montagne depuis 1994 dans les Hautes-Alpes, et maire de la commune d’Abriès-Ristolas depuis 2020. Vous avez rédigé une vingtaine d’ouvrages, des romans policiers et également des topoguides. En quoi ce nouvel ouvrage Hautes-Alpes insolites se démarque-t-il d’autres livres de randonnées ?

« J’ai travaillé avec Nicolas Fragiacomo qui s’est chargé de faire les photographies. Il existe plein de topoguides, notamment sur Internet, mais qui sont pauvres en termes de renseignements historiques, botaniques, etc. On avait vraiment envie de faire un topo qui soit plus riche, plus consistant, sur ces anecdotes et histoires qui font la richesse de la randonnée, pour ne pas marcher idiot. C’est mieux quand on marche et qu’on apprend plein de choses. »

« On finit par tomber sur des pépites »

Carrières et mines abandonnées, fortifications délabrées, gravures rupestres ou caches de contrebande… Plus de 30 itinéraires sont recensés dans ce livre. Quelles ont été vos ressources pour dénicher ces “insolites” ?

« Cela fait 30 ans que j’accumule des données sur l’histoire des Hautes-Alpes, sur la géologie. Je me suis nourri de ces recherches, de documents aux Archives départementales, de nos expériences professionnelles, de nos connaissances et d’informations de spécialistes comme les agents du parc national des Écrins par exemple. À force de tourner à droite et à gauche, on finit par tomber sur des pépites comme cette cache de contrebande qui se trouve sur une crête au-dessus du col Lacroix entre la vallée du Haut-Guil et le Val Pellice italien. Depuis toutes ces années que l’on parcourt ces montagnes, on a entendu pas mal d’histoires. C’était l’occasion de creuser. »

Le chourum des Adroits au Dévoluy. Photo Nicolas Fragiacomo
Le chourum des Adroits au Dévoluy. Photo Nicolas Fragiacomo

« Les randonneurs passent parfois à côté d’autres richesses »

Vous tendez à montrer que derrière les jolis panoramas haut-alpins, il existe une histoire parfois méconnue des randonneurs…

« Souvent, les randonneurs qui viennent ici s’extasient devant nos paysages, la faune et la flore. Malheureusement, ils passent parfois à côté d’autres richesses, humaine, patrimoniale et architecturale, qui mériteraient d’être un peu plus valorisées dans notre département. Il y a déjà le Réseau Vauban, on ne part pas de zéro. Toutefois, je pense qu’il reste encore plein de petits éléments patrimoniaux qui passent complètement sous les radars en comparaison des grands sites qui prennent toute la lumière. »

Vous le disiez, vous cheminez dans la montagne depuis longtemps. Quels changements avez-vous pu observer ?

« J’invite les gens à regarder sur le site internet Géoportail. Les photographies aériennes entre 1955 et 1960 montrent que notre département est agricole et dispose de peu de routes. Soixante ans plus tard, les villages ont augmenté leur superficie, tout comme la forêt de façon incroyable. On observe ainsi l’urbanisation des fonds de vallée et la densification forestière à toutes les altitudes. »

« Des populations qui n’avaient pas l’habitude de fréquenter la montagne »

Le changement climatique est-il également un phénomène observable ?

« Oui, tous les jours. Des lacs s’assèchent, ou bien encore il y a des écoulements d’eau à partir des glaciers rocheux, la hausse de températures… Il y a de nombreux exemples. »

En quoi la pratique de la randonnée en montagne a-t-elle évolué de nos jours ?

« Il y a des changements dans les pratiques de plus en plus sportives à l’image du développement du trail en montagne. Aussi, on constate qu’il y a de plus en plus de monde depuis le Covid avec des populations qui n’avaient pas l’habitude de fréquenter la montagne. Elles ont eu envie de grands espaces, c’est très bien. Mais parfois, ces nouveaux randonneurs n’ont pas les codes des comportements à adopter en montagne. Il y a un grand travail de pédagogie à mener. »

Article issu du Dauphiné Libéré

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