Jeudi 17 juillet, le peloton du Tour de France 2025 franchira le col du Soulor lors de la 12e étape. C’est évidemment un nom que les amateurs du Tour connaissent bien : ce col, aujourd’hui classé catégorie 1, a été emprunté 56 fois depuis 1947.
Mais cette année, originalité : la Grande Boucle empruntera la face nord depuis Arthez d’Asson… sans poursuivre vers l’incontournable col d’Aubisque, pourtant situé à seulement quelques kilomètres. Un choix du tracé qui laisse de côté l’un des plus beaux enchaînements des Pyrénées.
Alors, à deux jours du passage des coureurs, nous avons voulu tester nous-mêmes ce combo mythique, dans le sens traditionnel. L’objectif est donc de partir de Lourdes en fin d’après-midi, grimper le col du Soulor, basculer vers l’Aubisque, et rejoindre Laruns pour la nuit. Mais la montagne nous a rappelé qu’elle écrit toujours sa propre partition…
Un début d’ascension compliqué au Soulor
La route qui monte de Lourdes jusqu’à Argelès-Gazost n’a rien d’un défi, mais sert de bon échauffement. Ensuite, dès la sortie d’Argelès, on attaque la véritable montée du col du Soulor. Cette face nord offre une ascension régulière et soutenue, avec une pente moyenne de 5 % sur 19 km.
Une montée à l’ancienne, où il faut trouver son rythme et ne plus en sortir. Le décor alterne entre prairies, bois et vues dégagées sur le Val d’Azun. Jusqu’à Arras-en-Lavedan, la pente reste douce. Mais après Arrens-Marsous, on entre dans le vif du sujet.
Nous pensions avaler le col d’une traite… c’était sans compter sur l’orage soudain qui s’est déclenché à la fin de cet après-midi caniculaire. Trempés, nous décidons de faire halte au seul hôtel d’Aucun, charmant village à mi-pente. Une pause forcée qui se révèle une aubaine tant le style de ces maisons en pierre et ce décor pyrénéen vaut la peine qu’on s’y attarde.

Brouillard et ambiance fantomatique : pas de chance ?
Le lendemain matin, deuxième partie de l’ascension. Les jambes sont fraîches, la route toujours aussi régulière. Après la sortie d’Aucun, les 6 derniers kilomètres vers le sommet s’avalent sans coup de butoir, mais avec une constance de 8% qui finit par peser.
Au sommet, à 1 471 m, pas de panorama. La purée de pois nous enveloppe, réduisant le paysage à quelques mètres. Pas question de voir le cirque du Litor ou les sommets voisins. Mais à force de rouler dans ce décor ouaté, on finit par apprécier cette ambiance étrange. Un col, c’est aussi ça : des sensations, pas toujours des photos.

La récompense du col d’Aubisque
Le col du Soulor passé, la route file vers l’est. La liaison avec l’Aubisque est l’un des tronçons les plus spectaculaires des Pyrénées. Corniches vertigineuses, tunnels taillés dans la roche, vues plongeantes… Sur cette route étroite et sinueuse, la prudence est de mise, mais le plaisir immense.
La montée jusqu’au col d’Aubisque est légèrement plus douce que la fin du Soulor, avec 7% de moyenne sur 10 de kilomètres, sans grandes rampes, mais exigeante après les efforts déjà fournis. Et soudain, la surprise : nous émergeons des nuages. À 1 709 m d’altitude, le col d’Aubisque domine une mer de brume. Enfin, les montagnes se dévoilent. Le géant béarnais tient sa réputation : décor grandiose, air vif, silence saisissant.

La descente sur Laruns
Nous attaquons la descente vers Laruns, par la célèbre face ouest de l’Aubisque. Ici, les pentes sont plus sévères, les lacets nombreux. Pas de folie : on reste sur les freins, surtout après avoir vu quelques gravillons en virage.
Sur le trajet, la station de Gourette apparaît, calme en été. Puis viennent les Eaux-Bonnes, élégante cité thermale aux allures Belle Époque, idéale pour un arrêt photo. Enfin, Laruns et son air basque, ses façades à colombages, son ambiance de village vivant.
