Les Américains sont fans des grandes épopées et histoires sportives. Les Jeux olympiques d’hiver sont donc tout naturellement une grande source d’inspiration pour les producteurs et réalisateurs de films. De la descente infernale en 1969 avec Robert Redford à Eddie The Eagle en 2016, sans oublier bien sûr le mythique Rasta Rockett, la liste made in USA est riche et fournie.
En France, plus difficile de citer un film sur les JO d’hiver. Et pourquoi pas sur le ski de fond pendant qu’on y est ? On a cherché un peu et on a trouvé un long-métrage entre comédie et émotions. Il s’agit de Good Luck Algeria sorti dans les salles en 2016.
« Un Algérien sur des skis mais c’est mille fois mieux qu’un Suédois »
Dans ce film, Samir (joué par Sami Bouajila) et Stéphane (Franck Gastambide) sont deux amis qui gèrent une société fabriquant des skis de fond. Leur entreprise se retrouve au bord de la faillite quand l’athlète suédois qui devait participer aux JO avec des skis de fond de leur marque décide de les laisser tomber. La solution de Stéphane, ancien champion de France dans cette discipline, pour s’en sortir : envoyer son meilleur ami aux JO. « Tu vas faire les Jeux olympiques pour l’Algérie en ski de fond », lâche le personnage joué par Franck Gastambide. Ou encore : « Un Algérien sur des skis mais c’est mille fois mieux qu’un Suédois ». Ce film raconte comment ils vont relever ensemble cet immense défi.

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Un long-métrage qui a été tourné en grande partie dans les Alpes. Les deux personnages travaillent ensemble à Grenoble. Il est très facile de reconnaître la ville. Quant aux scènes de ski de fond, elles ont été filmées dans le Vercors, à Venon (dans le massif de Belledonne) ou encore dans les Hautes-Alpes à Saint-Bonnet-en-Champsaur.

Cette très belle histoire de Good Luck Algeria est basée sur une histoire vraie. Le réalisateur Farid Bentoumi a trouvé l’inspiration au sein de sa propre famille puisque le premier Algérien à participer aux JO d’hiver en ski de fond n’est autre que son grand frère Noureddine Bentoumi.
Aux JO de Turin en 2006
Noureddine est né le 19 février 1972 à Chamonix. Il est le fils d’une mère toulousaine institutrice et d’un père algérien venu travailler en France comme mineur. Il s’installe dans l’agglomération de Grenoble au début des années 2000 où il travaille comme ingénieur. Il commence à pratiquer le ski de fond en 2003, il a déjà 31 ans, et prend des cours à Autrans. Sur le plateau du Vercors, il apprend qu’un Hongrois y prépare les JO d’hiver. L’idée lui plaît, il veut faire la même chose et contacte la fédération algérienne.
En 2004, il participe à sa première compétition internationale à Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes, et finit 117e de l’épreuve de 10 kilomètres skating. On retrouve Nourredine Bentoumi, un an plus tard, en 2005 aux championnats du monde de ski nordique à Oberstdorf en Allemagne. Il termine à la 109e place à plus de 11 minutes du vainqueur.
À 34 ans, le fondeur algérien participe ensuite aux JO d’hiver de Turin en 2006. Il s’aligne au départ du 50 kilomètres libre mais ne termine pas la course. Il est éliminé au 27e kilomètre en raison de l’insuffisance de son temps. Après cette épreuve, il a l’honneur de porter le drapeau de l’Algérie lors de la cérémonie de clôture.
Pas d’entreprise au bord de la faillite dans la vraie histoire mais la fiction et la réalité se rejoignent beaucoup autour du personnage principal. D’ailleurs Sami Bouajila, originaire d’Échirolles près de Grenoble, a été choisi pour jouer le rôle de Sam en raison de sa forte ressemblance avec Noureddine Bentoumi. Le lien entre l’acteur et le fondeur ne s’arrête pas là. Lors du tournage du film, la doublure de Sami Bouajila était… Noureddine Bentoumi.
Alors un Algérien, est-ce mille fois mieux qu’un Suédois ? Pour le palmarès en ski de fond, absolument pas. Mais pour la belle histoire qui donne des frissons, c’est un grand oui.


