Drones : peuvent-ils vraiment voler en montagne ?

Sur les crêtes, tout semble permis. Des kilomètres sans pylône, sans route, sans âme qui vive. L’endroit idéal, croit-on, pour déplier un drone et filmer une mer de nuages.

D’autant plus que l’engin s’est démocratisé. Légers, faciles à piloter, accessibles, les drones attirent les amateurs de paysages autant que les créateurs de contenu. Bref, la montagne semble accessible… en apparence seulement.

En réalité, la montagne est tout sauf un no man’s land aérien. L’espace y est saturé de contraintes invisibles : réglementations, réserves naturelles, zones militaires, couloirs aériens…

Les règles qui s'appliquent partout :

En France, faire voler un drone de loisir est autorisé, mais encadré. Le cadre est le même partout, plaine ou montagne :

  • Altitude maximale : 120 mètres
  • Vol uniquement de jour, à vue, sans survol de personnes
  • Respect de la vie privée et interdiction de filmer à l’insu
  • Enregistrement obligatoire de l’appareil au-delà de 800 g
  • Vol interdit en agglomération, autour des aérodromes, dans les zones militaires
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En montagne, des interdictions plus nombreuses qu’ailleurs

Il suffit de taper « drone Écrins » sur YouTube pour voir défiler des vidéos de survols au-dessus de La Meije, du glacier Blanc ou du vallon de la Pilatte. Magnifique, spectaculaire… et totalement illégal. 

Pourquoi ? Parce que ces zones contiennent souvent une faune fragile. Par exemple, dans les Écrins, la simple approche d’un drone peut faire fuir des colonies entières de lagopèdes ou de marmottes en période de reproduction.

Dans le Mercantour, un vol à basse altitude peut compromettre une couvée de gypaètes barbus. Et ce n’est pas une question de saison : l’interdiction vaut été comme hiver, sommet comme vallée.

Même si la signalisation manque pour vous rappeler que vous êtes dans une zone interdite, la responsabilité incombe toujours au pilote, et l’oubli n’est pas une excuse.

Photo le DL/Sylvain Muscio
Photo le DL/Sylvain Muscio

Les parcs nationaux : zone rouge pour les drones

C’est l’une des règles les plus absolues : dans les parcs nationaux, les drones sont strictement interdits, sauf dérogation exceptionnelle. Cela inclut en France métropolitaine 5 espaces montagnards :

  • le parc des Écrins 
  • la Vanoise 
  • le Mercantour
  • les Pyrénées (dans les Pyrénées occidentales)
  • les Cévennes

On notera aussi qu’en dehors de cette catégorie « d’espaces nationaux », d’autres massifs français font l’objet d’une zone d’exclusion comme une partie du Mont-Blanc, des Cerces, des Arves, du Vercors (Hauts Plateaux), ou des Grandes Rousses.

Parcs nationaux de France métropolitaine (en rouge). CC BY-SA 4.0.
Parcs nationaux de France métropolitaine (en rouge). CC BY-SA 4.0.

La plus grande zone d’interdiction de vol de France est en montagne

L’info n’est pas très connue même chez les dronistes, mais la plus vaste zone interdite de France aux drones se situe au cœur du Massif central. Baptisée “Zone Centre”, elle s’étend sur plus de 2 200 km² entre le Sancy, le Cézallier et les monts du Cantal.

Et, en regardant de plus près, on trouve dans cette zone plusieurs sites que tout amateur de drone qui se respecte aurait aimer survoler comme  :

  • les plus hauts volcans d’Auvergne (Puy de Dôme, Puy Mary, etc.)
  • des stations de ski (Super-Besse, Le Lioran…)
  • les monts du Cantal

Officiellement, cette zone est réservée à l’aviation militaire. Ceci dit, d’après la règlementation en vigueur, les survols n’y sont interdits qu’une une partie du temps, y compris pour les drones de loisir. Si vous comptiez la survoler pour vos vacances de ski à Super-Besse, tentez de consulter ce fameux calendrier aérien.

Géoportail
Géoportail

Des sanctions bien réelles : où voler en toute légalité ?

Un vol de drone dans une zone interdite peut coûter jusqu’à 75 000 euros d’amende et un an de prison. Or, les plateformes comme Instagram ou TikTok brouillent la perception du risque : des dizaines de vidéos spectaculaires circulent sans qu’aucune sanction ne soit visible. Le problème, c’est que ces images donnent l’impression que tout est permis, alors qu’elles relèvent souvent de l’infraction pure et simple.

Des endroits de liberté existent toujours, bien sûr mais cela suppose de vérifier au préalable les cartes Géoportail De plus, Il reste une option : filmer la montagne depuis ses abords, à distance, sans pénétrer les zones sensibles. 

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