Ce sont les 12 vétérinaires de La Grande Odyssée Royal Canin. Prêts à affronter à n’importe quelle condition, sous la neige et dans un vent glacial, tôt le matin ou tard le soir, pour prendre soin des chiens de traîneau, aux côtés des mushers, lors de la 22e édition. Une clinique mobile de montagne est installée à chaque étape avec une permanence assurée 24 heures sur 24.
Embarquée dans l’aventure canine et sportive depuis 2017, Caroline Didier dirige, depuis cette année, la direction de l’équipe des “vétos”, après avoir travaillé sous la direction de Yannick Klein, puis de Sandrine Pezard. Diplômée de l’école vétérinaire de Toulouse en 2012, la praticienne hospitalière, également ingénieure de recherche, s’est spécialisée en anesthésie, analgésie (traitement de la douleur) et réanimation. Ses collègues ont d’autres spécialités : « Il nous tient à cœur d’avoir diverses compétences au sein de l’équipe comme l’ostéopathie et la chirurgie avec notamment un gros volet orthopédique. »
« Vérifier l’aptitude ou non du chien à entrer en compétition »
Ils ont bénéficié d’un renfort de cinq vétérinaires lors du prologue, samedi 10 janvier à Avoriaz, dont deux exclusivement dédiés à la cardiologie. « Cette expertise est importance pour détecter d’éventuelles maladies cardiaques. Il s’agit de vérifier l’aptitude ou non du chien à entrer en compétition », explique la cheffe d’équipe, stéthoscope autour du cou et talkie-walkie accroché sa veste. La compétition permet aussi de faire avancer la recherche. Parmi les 12 vétérinaires qui suivent toute la course se trouve un étudiant de l’école de Toulouse : « J’encadre son travail de thèse sur les chiens de traîneau », précise Caroline Didier.
L’organisation est calée au millimètre près pour s’adapter parfois à des conditions extrêmes en montagne. « Il est clair que ça nous sort de notre zone de confort avec des spécificités selon les étapes », sourit la Toulousaine. Et de poursuivre : « Chaque jour, en liaison avec la direction de course et l’équipe des relations “musher”, il s’agit de voir le lieu de l’implantation de la clinique avec un gros travail de manutention et de logistique. Nous devons aussi faire attention à du matériel qui craint le froid. » Parfois, il s’agit de déplacer la clinique deux fois par jour si le départ et l’arrivée n’ont pas lieu au même endroit.
« L’adaptation » constitue le mantra de ces spécialistes. « On examine les chiens le plus souvent en présence du musher et là où ils sont stationnés, près de leur camion ou de leur camping-car. Et, quand il fait particulièrement froid, on doit d’abord se réchauffer les mains pour faire les manipulations en ostéopathie », précise la cheffe des vétérinaires. Elle et ses collègues devraient s’occuper de blessures « plutôt traumatiques », entre les « abrasions au niveau des coussinets » et des ampoules, mais aussi des « petites gerçures au niveau des oreilles ». « En fait, ce sont toutes les extrémités qui sont en contact avec le froid et le sol », résume la vétérinaire. Pour ces athlètes de très haut niveau , avec parfois de forts dénivelés à avaler, des contractures, des « petites foulures », voire des « déchirures musculaires sévères » peuvent apparaître. Il peut aussi avoir des infections en lien avec la course qui sont « assez fréquentes autant chez les sportifs humains que canins ».
« Cette expérience repousse nos limites de travail »
Parfois, un veto doit être mis avant le départ : « Ça nous arrive malheureusement d’interdire certains chiens de courir pour leur bien-être si la blessure est trop sévère », confie Caroline Didier. Sans oublier la problématique de l’administration de médicaments qui peut entraîner l’exclusion à cause des règles liées au dopage. « C’est pourquoi on essaye au maximum de travailler sur la prévention, sur des méthodes alternatives. Mais si l’état de l’animal le justifie, on le traite avec les moyens habituels et on le retire la course », note la spécialiste.
Les journées peuvent être rudes mais la Toulousaine, qui adore la montagne, se plaît à s’immerger dans cet univers blanc. « Cette expérience repousse nos limites de travail avec un décor qui change complètement de notre univers habituel », souligne Caroline Didier. Prête, avec son équipe, à repartir pour une très longue journée.
Article issu du Dauphiné Libéré


