Grande Odyssée 2026 : « Cette année, les favoris sont plutôt des femmes »

C’est la grande aventure, à portée de regard. La rencontre de la performance, du spectacle et, osons-le, de la poésie. Les 11 étapes de la Grande Odyssée Royal Canin 2026 seront autant d’occasions de vibrer, les pieds dans la neige, au rythme des efforts de mushers surmotivés, et de chiens surentraînés. Cette épreuve mythique, fondée en 2005 par Henry Kam (avec le musher Nicolas Vanier), parcourt Haute-Savoie, Savoie et Isère, au gré d’une course dont l’exigence fait la réputation…

« 60 mushers, 600 chiens, plus de 400 kilomètres à parcourir, avec 12 000 mètres de dénivelé positif cumulé, en 12 journées de course ». Lorsqu’Annabel Kam, qui a succédé à son père comme présidente de l’événement, évoque ce qui attend les participants, elle sait leur impatience. Eux pour qui ce lien presque intime aux chiens, nourrit la vie…

Ils seront 25 – un record – à prendre le départ de la course principale (les autres participant aux Trophées, sur trois jours). 25 mushers guidant chacun 12 chiens : 6 à 10 forment chaque attelage, choisis au jour le jour selon leur forme, et les aléas d’épreuves forcément dépendantes de la géographie, du relief, et de la météo.

Des participants venus de sept pays

Les participants disputeront chaque jour une nouvelle étape : la plus courte fera 18 km (au Col de Porte, en Isère), la plus longue 48 (Savoie Grand Revard). Un rythme soutenu, qui demande « un entraînement spécifique. L’objectif est de terminer, d’abord, et de terminer avec le plus de chiens en forme » résume Cindy Duport. La musheuse savoyarde, qui participera à sa huitième Grande Odyssée Royal Canin, vise le graal : la victoire finale. « J’ai déjà gagné deux fois en catégorie “six chiens” » rappelle-t-elle. Mais la victoire toutes catégories reste son rêve. « Mon point fort, c’est le dénivelé positif. Mon point faible, c’est l’entraînement ! J’ai parfois manqué de rigueur sur le dernier mois, or les chiens ont besoin de cette préparation, pour tenir l’intensité des 12 jours ». Elle l’assure : elle a tout fait pour que 2026 soit l’année de la consécration !

Elle aura néanmoins fort à faire, face à des participants venus de sept pays (France, Pologne, Espagne, Norvège, Italie, Allemagne, République tchèque). Hommes et femmes se mesurent sur le même parcours, « et cette année, les favoris sont plutôt des femmes » souligne Thibaut Branquart, directeur sportif, et lui-même musher (accessoirement champion du monde 2022). Elsa Borgey, Cindy Duport ou encore Sissel Wolf Molmen défieront ainsi Lucasz Paczynski, Iker Ozkoldoi Garcia (champion en titre), Jean Combazard et bien d’autres…

« Le cœur de l’épreuve, c’est l’amour du chien »

Au delà de la performance sportive, ce qui attire un si vaste public (50 000 spectateurs chaque année) se mesure aussi en coulisses. Dans les allées des stations d’accueil, là où les mushers se préparent. Et où vibre cet attachement si particulier, entre le maître et l’animal. « Le cœur de l’épreuve, c’est l’amour du chien, la recherche de la performance, et le respect de l’animal » résume Ludivine Mercier, directrice marketing de Royal Canin. Le bien-être animal est une priorité, renchérit Annabel Kam : « Tout est réfléchi autour de ça. Notre équipe compte dix vétérinaires, qui sont là au quotidien, en amont de la course (contrôles des chiens) et pendant. Un véritable hôpital de montagne, avec échographe et radiographe, est monté sur les sites. Ces chiens sont de véritables athlètes de haut niveau ».

Il faut vivre ces moments, quelques minutes avant le départ, ces derniers câlins, ces regards entre maître et chiens, ces instants suspendus pétris de confiance et d’amour… sous le regard d’un public aussi attendri qu’impressionné. Car les attelages de cette odyssée particulière convoquent un imaginaire nourri de littérature (Croc blanc  !), de films, de reportages, et de tous ces voyages dont on a rêvé.

Alors, bien sûr, la Grande Odyssée Royal Canin n’est pas qu’une belle image, celle d’attelages lancés à vive allure sur un massif immaculé. Bien sûr, l’épreuve demande une organisation, sans faille, « préparée un an à l’avance » confie Annabel Kam. Elle demande de convaincre les stations d’accueil, qui acceptent de payer le prix (27 000 €) de cette vitrine unique. Elle demande de s’assurer de partenariats publics (dont la Région, principal financeur) comme privés, pour boucler un budget d’environ 1,2 million d’euros. Elle fait travailler 80 personnes (le staff), et attire une couverture médiatique représentant 8 heures de diffusion TV, 14 h de radio, et plus de 300 articles de presse.

« Il est impossible de mesurer directement l’impact économique de la grande Odyssée Royal Canin » regrette Annabel Kam. « Mais les questionnaires de satisfaction que nous distribuons montrent que l’épreuve attire aujourd’hui beaucoup de visiteurs extérieurs aux stations d’accueil. Ce n’était pas le cas 20 ans plus tôt : désormais, les gens viennent exprès ». Pour vivre, de près, un moment d’aventure.

Des épreuves spéciales
  • L’Odyssée des Enfants avec Crédit Mutuel est une course entièrement dédiée aux enfants. Elle se tiendra à La Chapelle d’Abondance le 12 janvier. Une vingtaine d’enfants, issus des écoles de Châtel et La Chapelle d’Abondance, préalablement sélectionnés et entraînés par un musher professionnel, participeront avec des attelages de 3 à 4 chiens sur 2 km, sur la piste empruntée quelques heures plus tard par l’élite mondiale de La Grande Odyssée Royal Canin. Au total, ce sont près de quarante enfants mobilisés sur l’ensemble du dispositif.
  • L’Odyssée des Espoirs avec Crédit Mutuel est une course destinée aux mushers de 12 à 17 ans, rattachés au pôle espoir de la Fédération Française des Sports de traîneaux. Le départ en mass start aura lieu le samedi 17 janvier à 13 h à Bessans. Les 14 attelages de jeunes mushers parcourront 6 km à travers les magnifiques paysages de montagne, se mettant dans la peau de mushers professionnels. Chaque attelage pourra compter de 4 à 6 chiens pour la course.
  • L’Odyssée pour Tous avec Crédit Mutuel, portée par la Communauté de communes du Grésivaudan, accueillera dix jeunes en situation de handicap lors de l’étape des Sept Laux. Ils réaliseront une boucle de démonstration d’un kilomètre, encadrés par la Team Ehawee. Ces participants bénéficieront d’une journée de formation à la conduite du traîneau, puis prendront le départ en totale autonomie lors de la course, qui s’élancera à 13h30 le mardi 20 janvier, avant le départ officiel de l’étape.

Article issu du Dauphiné Libéré

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