Un record à 90 millions d’€ : les prix fous des chalets de luxe dans les Alpes

Des prix à huit chiffres, des prestations XXL haut de gamme : sauna, jacuzzi, hammam, salle de cinéma privée, voire piscine intérieure pour certains, et même un parking avec ascenseur à voiture… Les annonces en ligne nous mettent des paillettes dans les yeux.

Le Top 5 des annonces en ligne
  • 38 millions d'euros : affiché au prix de 38 700 000 €, « Éclipse », un chalet de 884 m² habitables à Courchevel 1850 avec 12 pièces sur deux étages, offrant huit chambres, quatre salles de bains et cinq salles d’eau. Et pour se détendre après une bonne journée de ski : piscine, sauna, hammam, salle de sport, salle de massage et salon de thé.
  • 32 millions d'euros : à 32 900 000 €, un petit palace de 560 m² sur quatre niveaux au cœur de Courchevel 1850, avec cinq chambres et leurs salles de bains attenantes, un espace piscine/spa, une ski room et une staff room.
  • 26 millions d'euros : pour 26 250 000 €, un chalet de 885 m² à Courchevel 1850, 13 pièces, spa, piscine intérieure, jacuzzi, hammam, sauna, salle de fitness et de massage, salle de cinéma.
  • 25 millions d'euros : 25 000 000 €, à Courchevel 1850, un chalet de 420 m² sur trois niveaux avec accès direct aux pistes. Sept chambres en suite, piscine extérieure chauffée, salle de cinéma.
  • 19 millions d'euros : en vente à 19 200 000 €, le chalet Elan est l’un des plus anciens chalets de Courchevel. Construit en 1957, il a été rénové et offre une vue imprenable sur la montagne et la vallée. Sur une superficie de 600 m² dont 420 m² habitables il peut accueillir 12 personnes et 2 membres du personnel. Piscine, sauna, hammam et une salle de massage sont aussi à disposition.
Courchevel. Photo Adobe Stock
Courchevel. Photo Adobe Stock

Les chalets prestigieux nichés dans les stations de luxe, sont évidemment conçus avec les matériaux les plus nobles : bois massif, pierre, etc. Ils bénéficient de surfaces généreuses pouvant dépasser les 2000 m², la moitié de la surface d’un terrain de foot.

Courchevel et Val-d’Isère, les deux stations qui se distinguent

Seuls les plus fortunés peuvent s’offrir ces merveilles que l’on trouve à Courchevel et à Val d’Isère. Deux stations huppées qui attirent chaque année les investisseurs avec des prix délirants pouvant dépasser les 40 000 à 50 000 € le m². Si actuellement les cinq chalets les plus chers que l’on trouve en vente sont implantés sur la commune de Courchevel, c’est parce qu’ils sont plus grands. Car si l’on se réfère aux prix au m², les propriétés de Val d’Isère atteignent des prix qui les concurrencent. D’ailleurs, Val d’Isère détient la première place du podium des communes les plus chères de Savoie depuis plusieurs années et a été classée deuxième des communes les plus chères de France, en juin dernier, par l’Observatoire PAP.

Un record à 90 millions d’euros… à Courchevel

Fin 2023, une vente record a eu lieu à Courchevel sur la piste de Bellecôte, avec les Chalets Edelweiss et les Gentianes, reliés par un sous-sol. Au total 2 800 mètres carrés qu’Édouard Saverin, cofondateur de Facebook, s’est offert pour près de 90 millions d’euros, selon CFNews immo. On trouve ces deux propriétés d’exception, aujourd’hui, en location sur Eden Luxury homes, une agence immobilière spécialisée dans le très grand standing.

Val d'Isère. Photo Le DL/Thierry Guillot
Val d'Isère. Photo Le DL/Thierry Guillot

Un marché d’initiés très discret

Les transactions des luxueux chalets se réalisent, souvent, en « off-market » ou marché caché, c’est-à-dire que ces biens d’exception ne sont pas visibles sur les sites d’annonces. Ils se vendent en toute discrétion, car les propriétaires, ne souhaitent pas ébruiter la vente. Certaines agences, qui se sont spécialisées dans le luxe, travaillent avec très peu de clients. Elles affichent des honoraires, fixés entre 3 et 6 %, pouvant grimper jusqu’à 2 millions d’euros et plus.

Charles-Antoine Sialelli. Photo Athena Advisers
Charles-Antoine Sialelli. Photo Athena Advisers
"Des clients qui ont 10 millions d’euros ou plus, on en compte beaucoup plus"

Les chalets haut de gamme changent de main en toute discrétion, et peu d’agents immobiliers s’épanchent sur ce marché hors normes. Charles-Antoine Sialelli, directeur Alpes chez Athena Advisers, société internationale de conseil immobilier, dont le siège se trouve à Londres, a bien voulu nous accorder une interview.

Pourquoi trouve-t-on les chalets les plus prestigieux à Courchevel et Val d’Isère ?

« Il y a la qualité des infrastructures et l’altitude. L’architecture est plus belle à Courchevel ou Val d’Isère qu’à La Plagne ou aux Arcs, par exemple, où on a des infrastructures et du bon ski, mais pas l’hôtellerie qui va avec, la qualité des restaurants, des magasins pour répondre à une clientèle plus aisée. C’est aussi historique, Courchevel a toujours eu l’image de la petite sœur de Saint-Tropez et Val d’Isère celle d’ une station chic et sportive. »

Qui est prêt à dépenser jusqu’à des dizaines de millions d’euros pour un chalet ?

« Des gens de la finance, des industriels. Des grands patrons en général. De la CSP +++. Des Français évidemment, mais aussi nos voisins étrangers : les Anglais sont les plus représentés, puis les Hollandais et les Belges. Quelques Suisses, aussi. »

Et des Russes ?

« Les Russes étaient historiquement à Courchevel 1850. Mais la guerre en Ukraine a modifié la donne concernant la clientèle russe, notamment sur le marché des locations de luxe où elle était très présente. Quelques-uns viennent encore à Courchevel en vacances, mais ils se font plus rares. »

Quelle est la motivation de leur achat ? Un achat plaisir ou un investissement ?

« C’est un mix des deux et la montagne le permet contrairement à un investissement en ville. Le schéma, c’est d’avoir une résidence principale, une résidence en bord de mer et puis un bien à la montagne. Mais il y a toujours une notion de rentabilité, de retour sur investissement. J’ai très peu de clients qui me disent : « Je ne sais pas si je vais le mettre en location. »

Quel est le taux de rentabilité de ces investissements hors normes ?

« On a des prix de rentabilité qui sont proportionnels aux montants des achats. J’annonce à mes clients des rentabilités entre 2 et 4 % par an, selon le nombre de semaines que garde le propriétaire pour lui. Mais, pour les chalets méga luxe, qui sont plus gros et qui demandent du service, je pense qu’on est plus sur des rentabilités autour de 2 %. »

Avez-vous, parfois, des demandes insolites de clients fortunés ?

« Oui, parfois. Un client désirait un night-club hyper-insonorisé pour ne pas déranger les voisins. Un autre une master bedroom de 150 m². »

Comment se comporte le marché du luxe ?

« Il se tient. Les budgets des clients sont quand même de plus en plus élevés et encore plus dans ces stations de Val-d’Isère, Courchevel et Méribel. Avant, quand on avait des budgets à 5-6 millions, c‘était des beaux budgets. Aujourd’hui, des clients qui ont 10 millions d’euros ou plus, on en compte beaucoup plus. »

Article issu du Dauphiné Libéré

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