Le col du Tourmalet, avec son sommet 2 115 m d’altitude, ses 19 km d’ascension et sa pente moyenne de 7,4 %, est depuis plus d’un siècle sur le col mythe des Pyrénées. Pourtant, dans ce massif, certains cols offrent un défi encore plus rude, selon l’indice Climbfinder (un classement objectif basé sur la pente, la longueur, l’altitude et la difficulté d’effort).
Le site vélo de référence liste six ascensions dans les Pyrénées françaises plus difficiles que le col Tourmalet. Elles ont un point commun : elles sont toutes absentes du parcours du Tour de France 2025.
À l’occasion du passage de la Grande Boucle dans les Pyrénées du 17 au 19 juillet, on vous présente ces six ascensions françaises dans les Pyrénées dont l’indice de difficulté dépasse celui du Tourmalet (1124 points depuis Luz-Saint-Sauveur). Des montées redoutables, parfois méconnues du grand public, mais incontournables pour les grimpeurs en quête de sommets extrêmes.
1. Ortzanzurieta depuis Urepel
- Indice de difficulté sur Climbfinder : 1384 (260 points de plus que le Tourmalet)
- Longueur : 18,6 km
- Altitude au sommet : 1547 m
- Pente moyenne : 7%
- 100 m les plus raides : 17,9%
- Dénivelé : 1306 m
- Tour de France : aucun passage
Un classement qui commence aux confins du Pays basque. Une montée qui en grande partie en France, dans les Pyrénées-Atlantiques, mais qui s’achève de l’autre côté de la frontière en Espagne. L’ascension d’Ortzanzurieta depuis Urepel est tout simplement la montée la plus difficile des Pyrénées françaises selon Climbfinder. Longue de 18,6 km, elle affiche une pente moyenne impressionnante de 7 %, avec des rampes à près de 18 %.
Cette route, en mauvais été, serpente dans un décor sauvage et isolé, loin des foules du Tour. L’absence d’infrastructure et l’irrégularité du profil en font un col redouté des cyclistes locaux. C’est une montée pour puristes, pour ceux qui veulent mesurer leur volonté plus que leurs watts.

2. Le col de Portet
- Indice de difficulté sur Climbfinder : 1273 (149 points de plus que le Tourmalet)
- Longueur : 16,1 km
- Altitude au sommet : 2207 m
- Pente moyenne : 8,7%
- 100 m les plus raides : 12,5%
- Dénivelé : 1395 m
- Tour de France : 2 passages, en 2018 (victoire de Nairo Quintana) et en 2021 (victoire de Tadej Pogacar)
Surnommé le « nouveau Tourmalet » lors de son apparition au Tour 2018, le col de Portet culmine à 2 207 m, soit près de 100 m plus haut que son aîné. Depuis Saint-Lary-Soulan, l’ascension s’étire sur 16,1 km à 8,7 % de moyenne, sans le moindre replat.
L’environnement devient lunaire à l’approche du sommet, et l’effort se transforme en calvaire dans les dernières rampes exposées au vent. Avec un potentiel spectaculaire et une difficulté hors norme, on envie de revoir le Portet sur le Tour de France dans les prochaines années. Cette montée incarne le cyclisme moderne : exigeante, spectaculaire, sauvage.
3. Le Port de Larrau
- Indice de difficulté sur Climbfinder : 1179 (55 points de plus que le Tourmalet)
- Longueur : 14,8 km
- Altitude au sommet : 1573 m
- Pente moyenne : 8%
- 100 m les plus raides : 15,5%
- Dénivelé : 1190 m
- Tour de France : 2 passages, en 1996 (Richard Virenque en tête au sommet) et en 2007 (José Garcia-Acosta en tête au sommet).
Moins célèbre que le Tourmalet, mais redouté des connaisseurs, le Port de Larrau a été grimpé pour la première fois par le Tour de France en 1996. Il était au programme de l’étape Argelès-Gazost-Pampelune durant laquelle Miguel Indurain a subi une terrible défaillance. La fin du règne de 5 ans de l’Espagnol sur la Grande Boucle. L’ascension depuis la vallée d’Arrette totalise 14,8 km à 8 % de moyenne, avec des passages à plus de 15 %.
Ce col se distingue par son irrégularité : des murs brutaux succèdent à de courts replats, cassant le rythme et mettant les jambes à rude épreuve. Sa difficulté est autant mentale que physique. Son absence du Tour 2025 est probablement due à son isolement géographique, mais les grimpeurs amateurs y trouveront un terrain de légende.
4. La Pierre-Saint-Martin
- Indice de difficulté sur Climbfinder : 1169 (45 points de plus que le Tourmalet)
- Longueur : 25,4 km
- Altitude au sommet : 1774 m
- Pente moyenne : 5,8%
- 100 m les plus raides : 13,1%
- Dénivelé : 1465 m
- Tour de France : un passage en 2015 (victoire de Christopher Froome)
Avec ses 25,7 km d’ascension, La Pierre-Saint-Martin est la plus longue montée de cette sélection. Bien que la pente moyenne soit de 5,8 %, elle dissimule des kilomètres à plus de 9 %, au milieu de la montée.
Cette ascension a été gravie à une seule reprise par le Tour de France en 2015 avec une victoire d’étape de Christopher Froome, maillot jaune sur les épaules. Son enchaînement de lacets serrés et sa montée progressive vers un plateau d’altitude en font un défi d’endurance plus que de puissance. Un col parfait pour les grimpeurs au long souffle et les cyclistes en quête de solitude.
5. Le col d’Elhursaro
- Indice de difficulté sur Climbfinder : 1151 (27 points de plus que le Tourmalet)
- Longueur : 10,8 km
- Altitude au sommet : 1154 m
- Pente moyenne : 9,1%
- 100 m les plus raides : 20%
- Dénivelé : 987 m
- Tour de France : aucun passage
Moins connu, ce col est pourtant l’un des plus explosifs de France. Sur 10,8 km, la pente moyenne atteint 9,1 %, avec des murs à plus de 20 % dans les sections les plus dures. Ici, pas de répit, pas de virages en lacets pour soulager les jambes, seulement une rampe continue, à la limite de l’absurde.
Située dans le Pays basque intérieur, cette montée sauvage est un enfer pavé de bitume. Son absence du Tour est compréhensible d’un point de vue logistique, mais sa brutalité en fait un passage obligé pour les amateurs de « grimpettes » extrêmes.
6. Cauterets jusqu’au Pont d’Espagne
- Indice de difficulté sur Climbfinder : 1139 (15 points de plus que le Tourmalet)
- Longueur : 18 km
- Altitude au sommet : 1467 m
- Pente moyenne : 6,6%
- 100 m les plus raides : 29,9%
- Dénivelé : 1199 m
- Tour de France : 5 arrivées à Cauterets entre 1953 et 2023.
Le Tour de France est arrivé à cinq reprises dans la station de ski de Cauterets mais sans jamais aller jusqu’au Pont d’Espagne. Pourtant, cette ascension qui commence à Pierrefitte-Nestalas et s’étale sur 18 km à 6,6 %, une pente semblable à celle du Tourmalet. Mais la comparaison s’arrête là : la deuxième moitié de la montée est nettement plus raide.
Située dans une vallée touristique, la montée vers Cauterets allie beauté naturelle et intensité. En 2025, le parcours du Tour l’évite au profit de cols plus emblématiques.
Plus dures que le Tourmalet, ces six ascensions représentent un concentré de ce que les Pyrénées ont de plus exigeant à offrir. Loin de la foule du Tour de France, elles attirent un autre public : celui des passionnés, des puristes, des cyclistes en quête de solitude et de défi. Alors que le Tour 2025 les évite, c’est peut-être le moment idéal pour les découvrir… sans hélicoptère, sans caravane, mais avec un bon braquet et un grand respect pour la montagne.