« On entend “il y a eu énormément de neige” mais, d’après nos mesures, le niveau d’enneigement est légèrement au-dessus de la moyenne. On n’est pas sur une année exceptionnelle », estime Pascale Sautel, directrice concessions et gestion de l’eau pour EDF Hydro Méditerranée. « On a une trentaine de points de mesure sur les bassins-versants de la Durance et du Verdon qui nous permettent de modéliser le manteau neigeux et donc d’estimer le débit qui va rentrer dans les retenues », détaille-t-elle.
Une modélisation selon laquelle la quantité de neige est plutôt excédentaire à 2 000 mètres d’altitude et plutôt dans la moyenne, voire déficitaire à 2 400 ou 2 500 mètres. Ce qui peut expliquer cette impression d’année exceptionnelle : « De la route on voit de grandes quantités. » Selon Pascale Sautel, le niveau d’enneigement est comparable à celui de 2024.
« Recevoir l’eau de manière lissée »
« En janvier et février 2026, on a produit 30 % d’électricité en plus par rapport à l’année dernière », chiffre la responsable. Une conséquence de l’enneigement, mais aussi des précipitations : « Il y a eu pas mal d’épisodes de pluie, cette eau est captée dans les retenues intermédiaires. » Et de prendre l’exemple de trois épisodes de crues du Buëch, affluent de la Durance, qui ont beaucoup apporté d’eau à la chaîne Durance-Verdon.
« Aujourd’hui [vendredi 6 mars, NDLR], le lac est rempli à 66 %, sa cote est de 763 mètres », précise Pascale Sautel. Alors que la fin de l’hiver approche, EDF pense déjà à l’été et à la « trajectoire de remplissage » de Serre-Ponçon. « L’objectif, c’est de recevoir l’eau de manière lissée, mais on n’est pas maître de ce paramètre, explique la directrice. Il faut que l’on puisse s’adapter à tout, même à une fonte brutale. » Ou a de fortes précipitations. Ou a de faibles précipitations. En attendant, « à date », Pascal Sautel est « plutôt rassurée » sur le fait que le lac remplisse tous ses usages cet été.
Article issu du Dauphiné Libéré





